Présidentielle 2022 : Au campus de LREM à Avignon, la « radicalité de la nuance » de militants en campagne

REPORTAGE Près de 4.500 personnes, militants, élus, adhérents du mouvement d’Emmanuel Macron sont réunis en Avignon lancer la campagne de la présidentielle 2022, sans s’en laisser « dicter les thèmes »

Alexandre Vella
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Meeting du campus d'été de LREM, en Avignon
Meeting du campus d'été de LREM, en Avignon — Nicolas TUCAT / AFP
  • Près de 4.500 personnes, élus, cadres, et militants de LREM et du Modem se sont réunis en Avignon ce week-end pour le campus d’été de la majorité.
  • Entre meetings et ateliers, les militants se sont « fait du bien » et en ressortent ragaillardis.
  • Le parti d’Emmanuel Macron, semble désormais prêt à se lancer dans la campagne présidentielle.

Ils avaient un peu la gueule de bois, les militantsLREM, notamment les plus jeunes, en ce dimanche matin de fin de « campus d’été de la majorité » tenu à Avignon ( Vaucluse), pour lancer la campagne de l’élection présidentielle 2022. La faute à la soirée de la veille, et aux scores de la majorité dans les élections municipales, régionales et départementales, qui avaient laissé les militants groggy. Les voilà ragaillardis par l’ivresse des meetings, des discours des cadres et des rencontres de ce temps fort auquel près de 4.500 personnes ont participé. « On se fait du bien. Ça remonte le moral », confie Guillaume Auffret, un Breton trentenaire, conseiller municipal à Vannes (Morbihan).

De quoi prendre des forces avant de partir dans une « grande marche » de campagne. Mais sur quels thèmes ? Il y a, évidemment, ceux, « incontournables », qui s’imposent. « La sécurité, l’immigration, thèmes portés haut et fort par nos adversaires », comprend Julien Grignon, 39 ans, venu du Puy-de-Dôme. « L’identité », ajoute Lou Gorde, 22 ans, étudiante en communication politique à Paris, adhérente aux JAM (Jeunes avec Macron). Dans les discussions des militants et les discours des cadres du mouvement, l’émergence médiatique et politique du chroniqueur Eric Zemmour est palpable. Pour autant, on élude son nom et se contente d’allusions à ses thèmes, avec l’idée de ne pas subir.

« Ne pas se laisser dicter nos thèmes »

« Mais on ne va pas se laisser dicter nos thèmes », poursuit-elle. « Il y a encore des choses à faire. Pour les étudiants, les animaux, les LGBT », énumère la jeune militante séduite dès 2017 par le concept de « la radicalité de la nuance » (comme l’arrêt des moteurs thermiques, mais en 2035), sorte de déclinaison du « en même temps » de 2017.

Marianne, autre trentenaire mais venue de la Nièvre, avance plusieurs thématiques à débattre. « La fin de vie », « la légalisation du cannabis », propose notamment cette militante de Territoires et progrès, l’aile gauche du mouvement. « Si nous avons dû nous structurer avec Territoires et progrès, c’est que nous n’avons pas eu notre compte », concède-t-elle tout en défendant le bilan et certaines mesures sociales, comme le dédoublement de classes en zone d’éducation prioritaire. Elle n’oublie cependant pas la réforme des retraites, toujours au menu et une autre promesse de 2017 à laquelle Marianne tient toujours : la réforme institutionnelle, avec davantage de proportionnelle et une baisse du nombre de parlementaires. Réforme sur laquelle tous les militants ne s’accordent pas.

« On ne peut pas donner du bâton sans donner des carottes »

« On ne peut pas donner du bâton sans donner des carottes », résume Pierre Langeron-Saez, 26 ans, militant de la première heure et candidat malheureux aux départementales dans le Puy-de-Dôme. Et de prendre en exemple la proposition de hausse du prix du carburant émise par Sandrine Rousseau (EELV). « Après tout, pourquoi pas. Mais on doit d’abord promouvoir les transports collectifs », ajoute le jeune homme, porté sur l’écologie pour qui il faut aussi continuer et accélérer « la rénovation énergétique des bâtiments publics et des logements sociaux ».

Pour le reste, la base militante attend que la synthèse des ateliers tenus lors de ce campus d’été et les résultats de « la grande marche » restituent des propositions qui nourriront le programme. Qui le portera ? « Déjà, il faut qu’on ait un candidat », sourit Julien Genty, 24 ans, un banquier des Yvelines. « Quel qu’il soit, on sera derrière ». Mais personne ici ne doute que ce sera derrière Emmanuel Macron.