Présidentielle 2022 : Jean-Marie Le Pen prêt à soutenir Eric Zemmour « s’il est le candidat du camp national le mieux placé »

CAMPAGNE Dans un entretien accordé au « Monde », l’ancien président du Front national désavoue Marine Le Pen

Cl.G.
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Jean-Marie Le Pen à son domicile en décembre 2019 (illustration)
Jean-Marie Le Pen à son domicile en décembre 2019 (illustration) — Lionel Guericolas/MPP/SIPA

Une sortie qui ne passe pas inaperçue. Dans un entretien accordé au Monde publié ce samedi, Jean-Marie Le Pen laisse entendre qu’il pourrait soutenir un autre candidat que sa fille pour l'élection présidentielle de 2022. Alors que Marine Le Pen a perdu plus de dix points dans les sondages au cours des trois derniers mois, son père complique un peu plus encore sa campagne en vantant les mérites… d'Eric Zemmour.

« Marine a abandonné ses positions fortifiées et Eric occupe le terrain qu’elle a quitté », commence l’ancien président du Front national. Et de poursuivre : « Si Eric est le candidat du camp national le mieux placé, bien sûr, je le soutiendrai. » Jean-Marie Le Pen salue son « courage » et sa « culture ». « Ça devient rare. »

L’ancien finaliste à l’élection présidentielle confie qu’il se reconnaît en Eric Zemmour, dont les thèmes de prédilection sont l’immigration et l’islam. « Il est monté sur la barricade en disant des choses que personne n’osait dire, à part moi. Il dit ce que je pense, mais avec une audience supérieure. »

Au cours de la semaine écoulée, Marine Le Pen a insisté sur le thème de l’immigration en présentant un projet de référendum sur le sujet, puis en effectuant un déplacement consacré à cette question en Gironde. Autant d’annonces de campagne interprétées comme une volonté de ne pas laisser de terrain à Eric Zemmour, qui la talonne désormais dans les sondages.

Interrogé ce samedi sur BFMTV​, Wallerand de Saint-Just, membre du bureau exécutif du RN, dénonce « l’opportunisme de Jean-Marie Le Pen » : « Il ne nous a pas habitués à ça. Dire que si Éric Zemmour est mieux placé que Marine Le Pen, il le soutiendra, c’est se plier à l’exercice des sondages. Je pensais que Jean-Marie Le Pen aurait pris sa décision en fonction des idées et du programme de chacun. »