Racisme : Le gouvernement dissout la Ligue de Défense Noire Africaine

DECISION Plusieurs politiques, dont des membres du Rassemblement national, demandaient la dissolution de l’association

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. — Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

Qualifiée d’organisation « raciste » par le ministre de l’Intérieur après des tensions à Val-de-Reuil (Eure), la Ligue de Défense Noire Africaine (LDNA) a été dissoute, ce mercredi, en Conseil des ministres, a annoncé Gérald Darmanin, ce mercredi.

Selon le décret de dissolution, la LDNA « diffuse une idéologie appelant à la haine, à la discrimination et à la violence en raison de l’origine, de l’orientation sexuelle » et est « impliquée de manière récurrente dans l’organisation d’actions "coup-de-poing" isolées ou à l’occasion de manifestations commettant ou appelant à commettre des agissements violents ».

Des « actions » violentes

Début septembre, après des « actions » violentes à Val-de-Reuil (Eure), le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait engagé sa dissolution. « J’ai décidé de lancer la procédure engageant la dissolution de la Ligue de Défense Noire Africaine. Les discours de cette structure raciste appellent à la haine et à la discrimination », avait-il indiqué.

La LDNA se définit sur les réseaux sociaux comme un « mouvement révolutionnaire pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains ». Près de 300.000 personnes sont abonnées à sa page Facebook. Son président et fondateur se présente sur son compte Twitter comme un « activiste politique, résistant Pan-Africain, combattant de la liberté, révolutionnaire ».

Des « troubles à l’ordre public »

Plusieurs politiques, dont des membres du Rassemblement national, demandaient la dissolution de l’association, notamment depuis une manifestation organisée contre les violences policières en juin 2020 devant l’ambassade des Etats-Unis.

Selon le ministre, « ses actions » ont causé des « troubles à l’ordre public » comme à Val-de-Reuil (Eure), où l’organisation avait appelé à manifester contre le maire socialiste de la ville, après une semaine de tensions, ayant pour origine une rixe entre deux enfants le 5 septembre. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a qualifié cette dissolution de « mesure forte », en disant à l’issue du Conseil des ministres : « Notre main ne tremble pas quand il s’agit de défendre la République face à ceux qui croient pouvoir la faire plier ». Il a reproché à l’association d’avoir « tenté d’envahir la mairie de Val-de-Reuil ».