Identité : Emmanuel Macron critique implicitement Eric Zemmour sur les prénoms

POLEMIQUE Sans nommer le potentiel candidat en 2022, le président a rappelé que « notre identité ne s’est jamais bâtie ni sur le rétrécissement, ni à des prénoms ni à des formes de crispation »

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron à la Bibliothèque nationale de France, à Paris le 28 septembre 2021.
Emmanuel Macron à la Bibliothèque nationale de France, à Paris le 28 septembre 2021. — STEPHANE LEMOUTON-POOL/SIPA

Alors que le polémiste progresse dans les sondages, c’est au tour d’Emmanuel Macron​ de monter au créneau contre Eric Zemmour. Le chef de l’Etat a critiqué mardi l’idée d’une identité française « bâtie sur un rétrécissement, à des prénoms », visant sans le nommer le potentiel candidat en 2022, qui réclame une francisation des prénoms.

« Nous nous posons souvent dans le débat politique la question de notre identité », a déclaré le locataire de l’Elysée dans un discours à l’occasion de la visite du chantier de rénovation de la Bibliothèque nationale de France qui ne sera entièrement achevé qu’après la présidentielle. « Mais notre identité ne s’est jamais bâtie ni sur le rétrécissement, ni à des prénoms ni à des formes de crispation », a-t-il commenté, évoquant pour la première fois publiquement les propositions du polémiste. Eric Zemmour a expliqué vouloir « obliger les gens à donner des prénoms français » parce qu'« appeler son enfant Mohamed, c’est coloniser la France ».

Deux piliers : « l’Etat et la langue »

Le chef de l’Etat s’était toujours gardé jusque-là de commenter les positions de l’essayiste, déclarant ainsi lundi à Lyon qu’il n’était pas dans son rôle d’évoquer les candidats « potentiels » ou déclarés. « Notre pays, notre nation a été bâtie par deux institutions, l’Etat et la langue ». « Une langue dont l’épicentre aujourd’hui n’est plus sur ces rives de la Seine mais dans doute bien davantage vers le bassin du fleuve Congo », a-t-il estimé mardi soir.

Emmanuel Macron voit en revanche dans la BNF « un épicentre de notre histoire ». Il a ainsi salué l’invention du dépôt légal, un modèle dans le monde, pour constituer une mémoire commune. « Je veux rendre hommage à Nicolas Sarkozy et François Hollande qui ont tous deux posé les fondements de ce projet », a-t-il relevé.

Les critiques de Sarkozy

Sur Europe 1 et Cnews, Nicolas Sarkozy a lui aussi critiqué mardi soir Eric Zemmour, selon lui un « symptôme du vide » du débat politique. « La pression d’une pensée unique est telle, qu’elle a finie par vider le débat politique » et ce vide « permet aux excès, aux extrêmes, à tous ceux dont l’excès sert d’argumentation, de prendre toute la place », a insisté l’ancien président.