Grenoble : Après la primaire EELV, Eric Piolle se fait reprocher un « abandon de la ville » durant le conseil municipal

CRITIQUES Le socialiste Olivier Noblecourt et l’ancien maire de droite Alain Carignon ont vivement critiqué Eric Piolle, lundi lors du premier conseil municipal post-premier tour de la primaire écologiste

J.Lau. avec AFP
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Eric Piolle, ici lors de la dernière édition de la Fête de l'Humanité, le 11 septembre à La Courneuve. Lucas BARIOULET
Eric Piolle, ici lors de la dernière édition de la Fête de l'Humanité, le 11 septembre à La Courneuve. Lucas BARIOULET — AFP

Le premier conseil municipal suivant la défaite d’Eric Piolle à la primaire écologiste a été animé pour le maire de Grenoble lundi. Celui-ci a été chahuté par l’opposition, mais aussi par des employés lui reprochant de remettre en cause leurs acquis sociaux. Manque de concertation, insécurité, bétonisation et surtout « abandon de la ville » pendant la campagne des derniers mois pour tenter d’obtenir l’investiture EELV : le socialiste Olivier Noblecourt et Alain Carignon (droite) ont ouvert la séance par un barrage de piques.

« Notre ville, telle un canard sans tête, n’a pas été dirigée pendant cette longue parenthèse », a ainsi lancé Olivier Noblecourt. « En dehors d’efforts incessants pour tenter d’exister médiatiquement dans des postures et des polémiques, ce presque premier quart de mandat n’a été marqué par aucune décision significative, aucune action nouvelle d’envergure », a-t-il critiqué.

« Allez-vous enfin vous consacrer à votre mandat local ? »

Alain Carignon a lui aussi attaqué ce qu’il a qualifié de « désintérêt pour la ville ». « Allez-vous, oui ou non, enfin vous consacrer au mandat local pour lequel vous avez été élu ou allez-vous continuer de délaisser Grenoble pour vous tourner vers d’autres ambitions, nationales, parlementaires ? », a demandé l’ancien maire de la ville (de 1983 à 1995). Eric Piolle, qui avait été facilement réélu l’an passé, a balayé ces « attaques personnelles ». « Vous continuez à tirer le territoire vers le bas comme vous le faites depuis plus de quarante ans, a-t-il répliqué à Alain Carignon. Pendant ce temps-là, Grenoble avance sans vous et c’est très bien ainsi, et ça va continuer. »

La séance du conseil a par ailleurs été longuement perturbée par un groupe d’employés municipaux en colère contre la loi de transformation de la fonction publique territoriale, qui modifie leur temps de travail, la fermeture d’un restaurant du personnel et le pass sanitaire. Une trentaine d’entre eux, réunis à l’extérieur de la salle du conseil, ont chanté des slogans et frappé sur les portes et cloisons de verre pendant plus d’une heure, avant d’être conviés brièvement à l’intérieur, le temps d’exposer leurs griefs, lors d’une interruption de séance.