Présidentielle 2022 : Chez Les Républicains, un congrès et beaucoup d'inconnues

CAMPAGNE La droite a renoncé à la primaire pour désigner son ou sa candidate. Mais plusieurs questions subsistent

Léa Ménard
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Christian Jacob, Président des Républicains donne une conférence de presse pour annoncer le résultat du congrès le 25 septembre.
Christian Jacob, Président des Républicains donne une conférence de presse pour annoncer le résultat du congrès le 25 septembre. — Jacques Witt/SIPA
  • La décision est prise : LR désignera son ou sa candidate pour 2022 lors d’un congrès le 4 décembre prochain.
  • Seuls les adhérents du parti pourront désigner leur champion.
  • On fait le point sur les inconnues de ce scrutin interne.

Ça se passera « en famille ». Les adhérents des Républicains ont parlé : ils désigneront en interne leur candidat pour la présidentielle. Un enterrement de la primaire ouverte officialisé par Christian Jacob samedi. Mais avant le vote des adhérents, le 4 décembre prochain, plusieurs interrogations demeurent. On fait le point.

  • Qui pourra soumettre sa candidature aux adhérents lors du congrès ?

Les candidats qui souhaitent briguer l’investiture de LR auront à collecter 250 parrainages d’élus issus de trente départements différents. Ils devront également reconnaître par écrit « les valeurs de la droite et du centre ». La date limite de dépôt des candidatures sera déterminée dans les prochains jours ou prochaines semaines.

Quatre candidats ont d’ores et déjà accepté le principe d’un vote des adhérents pour désigner le candidat soutenu par LR. « J’en serai », a dit Valérie Pécresse au Journal du dimanche, pourtant partisane jusqu’au dernier moment d’une primaire ouverte. Même son de cloche du côté de Michel Barnier, d'Eric Ciotti et de  Philippe Juvin.

  • Que va faire Xavier Bertrand ?

Contrairement aux autres candidats déclarés, Xavier Bertrand n’a pas réagi au discours de Christian Jacob, préférant tweeter au sujet d’un concert de Patrick Bruel à Saint-Quentin de… la  fête du haricot à Soissons. Celui qui a répété pendant de longs mois qu’il n’entendait pas se soumettre à une primaire ouverte « va très prochainement formaliser sa demande de soutien à sa famille politique par courrier », confirme à 20 Minutes sa porte-parole, Dominique Estrosi-Sassone. Avec le choix d’un congrès, « les adhérents LR lui ont donné raison », savoure la sénatrice LR des Alpes-Maritimes, ajoutant que « la primaire était une machine à diviser, une machine à perdre ».

Le soutien de son ancien parti conforterait la candidature à la présidentielle de Xavier Bertrand, en particulier d’un point de vue financier. Mais l’espoir du camp Bertrand, c’est de bénéficier d’un adoubement sans confrontation avec Pécresse et les autres. « Ce que nous souhaitons, c’est qu’on arrive le 4 décembre à un congrès de rassemblement, que ce ne soit pas un congrès d’affrontement », dit Dominique Estrosi-Sassone.

« Il se pose en rassembleur. Il veut faire gagner et va faire gagner sa famille politique », assure Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise. D’après un sondage Ifoppublié dans Le Journal du dimanche, le président de la région Hauts-de-France serait le candidat de droite le mieux placé pour battre ses adversaires en 2022.

  • C’est quoi, cette « clause anti-Zemmour » ?

« Il n’y a pas de clause anti-Zemmour », assure-t-on à LR. Les nouveaux statuts du parti prévoient malgré tout, à l’article 37, la possibilité de refuser un candidat à l’investiture. La modification précise qu’une « instance de contrôle » interne sera chargée « de la validation du corps électoral, de la recevabilité des candidatures au regard notamment de leur compatibilité aux valeurs de la droite et du centre et de la sincérité des résultats ». Une clause qui n’est donc « pas réservée à Eric Zemmour », décrypte-t-on au siège du parti. « Ça empêche aussi et surtout les candidatures loufoques, ce n’est pas fait pour [lui] spécifiquement. »

La question d’une éventuelle participation du polémiste semble définitivement réglée. « Il ne pourra pas participer à notre processus. « Eric Zemmour ne fait pas partie de notre famille politique », rappelait encore samedi dernier le patron de LR. De son côté, le polémiste  continue d’entretenir le flou sur une candidature à la présidentielle. Ce dimanche, il n’a pas été tendre avec Les Républicains, les présentant comme  « un parti de notables centristes » qu’il accuse d’avoir « trahi la droite » gaulliste, dont il se réclame.

  • Quelle réaction chez les centristes ?

Cette primaire fermée, qui exclut de facto les alliés traditionnels de l’UDI et des Centristes, « ne va pas ravir les électeurs du centre et du centre-droit », a confié le politologue Pascal Perrineau, ancien directeur du Cevipof, à 20 Minutes. La réaction d’Hervé Morin ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Le président des Centristes se « désole » du choix de LR, fustigeant dans Le Figaro un candidat désigné par « moins de votants que les écologistes ».

Valérie Pécresse a annoncé ce lundi sur BFMTV son intention de « présenter [s]a candidature à l'UDI et aux centristes ». A ce stade, l’UDI compte désigner son propre candidat à la mi-novembre. Des discussions devraient néanmoins avoir lieu cette semaine entre Jean-Christophe Lagarde, le patron du parti, et Christian Jacob.