Lyon : La fronde des maires de droite et du centre contre la politique « dictatoriale » des Verts

REBELLION Les trois quarts des maires de l’agglomération lyonnaise ont signé dimanche une tribune pour protester contre la « politique dictatoriale » du président écologiste de la métropole. Ils menacent de quitter la métropole

C.G. avec AFP
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Bruno Bernard. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)
Bruno Bernard. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP) — AFP
  • 44 maires sur les 59 de la métropole de Lyon ont signé une tribune afin de fustiger le « manque de respect » de la majorité écologique, dénonçant une politique « dictatoriale » et incohérente.
  • Ce mercredi, d’autres élus de droite et du centre ont remis une pièce dans le jukebox menaçant de sortir de l’agglomération lyonnaise.
  • Directement mis en cause, Bruno Bernard, le président de la métropole de Lyon, a réagi.

Politique « hors sol », « dictatoriale », « incohérente » : dans la foulée d’une tribune signée ce week-end par les trois quarts des maires de la métropole de Lyon, des élus de la droite et du centre, ont fustigé mercredi le « manque de respect » de la majorité écologiste vis-à-vis des territoires.

Dimanche, 44 maires sur les 59 que compte la métropole avaient dénoncé le fonctionnement jugé trop vertical de l’entité dirigée depuis l’année dernière par le Vert Bruno Bernard, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche.

Qualifié de « président fossoyeur de la métropole de Lyon », l’élu y était accusé de « dédain pour les maires » et de mener une politique « ultra-verticale, ultra-centralisée et ultra-segmentée à mille lieues des élus municipaux et des citoyens ».

« Il n’est pas possible de continuer comme ça »

Un « mépris » également dénoncé mercredi devant la presse par Philippe Cochet, maire LR de Caluire-et-Cuire et président du groupe de la droite et du centre à la métropole.

« Après 18 mois de grande frustration, il n’est pas possible de continuer comme ça. Dire : les maires on s’en fiche, c’est inacceptable », a tonné l’ancien député, affirmant que les propositions des élus des communes signataires de la tribune sont « systématiquement rejetées » par la majorité.

« Si cette manière d’exercer le pouvoir continue, cela ne se passera pas très bien », a ajouté Philippe Cochet, brandissant notamment la menace de mener une politique de blocage de l’institution en refusant notamment de signer tous les permis de construire soumis par la collectivité territoriale. Et de menacer : « Soit Bruno Bernard entend le message, soit nous envisageons sérieusement la séparation. »

« Ma porte reste ouverte »

« Il est naturel que je porte d’abord l’intérêt métropolitain plutôt que l’intérêt régional ou communal », a réagi Bruno Bernard lors d’une autre conférence de presse dans la matinée.

« Ce n’est pas rien que 40 maires s’expriment (…) c’est quand même un fait politique et j’en tiens compte », a-t-il ajouté, indiquant que sa porte restait « ouverte aux maires pour discuter des dossiers de leur commune mais aussi pour parler de la relation globale ».

« J’espère qu’au-delà des annonces tout le monde va redevenir très vite raisonnable », a-t-il également répliqué face aux menaces concernant les permis de construire.

Ce n’est pas la première fois que la gouvernance des Verts au Grand Lyon est fustigée par ses opposants. En août, le groupe d’élus de l’opposition Synergies Métropole reprochait déjà à l’exécutif d’imposer aux maires des petites communes des décisions sans réelle coopération. En mai, c’est le groupe centriste Inventer la Métropole de demain de Gérard Collomb qui accusait la majorité d’agir « délibérément et méthodiquement pour limiter le débat public et la transparence de l’information ».

Face à ce constat, Philippe Cochet a indiqué que des sénateurs LR effectueraient les démarches nécessaires à l’ouverture d’une mission d’information sur la gouvernance du Grand Lyon, et que tous les candidats à la prochaine élection présidentielle seraient alertés sur cette question.