Présidentielle 2022 : Semaine décisive pour Les Républicains, toujours pas sortis de la galère du choix de candidat

CAMPAGNE Les militants LR devront décider samedi s'ils optent pour une primaire ou un congrès afin de désigner leur candidat à la présidentielle 2022, mais des questions demeurent

Thibaut Le Gal
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Christian Jacob et Xavier Bertrand, tout sourire.
Christian Jacob et Xavier Bertrand, tout sourire. — J.M. HAEDRICH/SIPA
  • A sept mois de l’élection, la droite n’a toujours pas désigné son candidat à la présidentielle, ni la méthode de désignation.
  • Les militants LR devront décider le 25 septembre s’ils optent pour une primaire ou un congrès pour désigner leur champion.
  • La participation – ou non – de Xavier Bertrand à ces scrutins reste l’un des problèmes à résoudre.

« Mon homologue de droite doit mal dormir la nuit car, à sept mois de l’élection, il ne sait toujours pas à qui il prêtera des sous pour sa campagne… » A quelques jours d’une primaire écolo qui se présentait sous les meilleurs auspices, le patron d’EELV Julien Bayou ironisait sur les errements des Républicains et de leur patron. Mais après de longs mois de tergiversations, Christian Jacob a indiqué mercredi que deux méthodes de départage seront finalement soumises au vote des militants pour choisir leur candidat à la présidentielle. De nombreuses questions restent toutefois en suspend.

  1. Primaire semi-ouverte ou semi-fermée ?

« Christian Jacob avait au départ tout misé sur François Baroin, mais avec son renoncement, il s’est retrouvé "brocouille", comme diraient les Inconnus, ironise un cadre du mouvement. Pour faire sauter la primaire, il fallait proposer quelque chose de plus appétissant. Mais quand les choses ne sont pas claires, que vous n’avez pas de direction forte, on en revient aux mécanismes de fond, c’est-à-dire le vote ».

Les militants auront donc à choisir entre « deux méthodes de désignation », a expliqué Christian Jacob dans un message aux siens mercredi. Première option : un vote ouvert aux sympathisants de droite. « On ne l’appellera pas primaire, car le nom est carbonisé à droite, mais ça y ressemblera terriblement. Il y aura toutefois des garde-fous à définir pour éviter que le scrutin soit parasité comme en 2016 », assure Gilles Platret, le porte-parole LR. Une référence aux sondages qui estiment que 15 % d'électeurs de gauche avaient participé à la primaire de la droite et du centre. « L’autre option est encore plus simple. Les militants gardent seuls la main pour désigner leur candidat en congrès. Il y aura donc un vote, mais le corps électoral est à définir. » Un bureau politique devrait entériner le 22 septembre ces dispositions avant que les adhérents ne se prononcent, pour l’une ou l’autre solution, le 25 septembre.

  • Avec ou sans Bertrand, que faire de Zemmour ?

En donnant le choix de la primaire aux militants, LR s’ôte une épine du pied. Mais un éléphant rôde toujours dans la pièce. Comment convaincre Xavier Bertrand d’y participer ? Malgré le rapprochement avec son ancienne famille ces derniers jours, le patron des Hauts-de-France ne cesse de balayer toute participation à une primaire. « On a deux mois pour trouver un chemin de convergence. Xavier Bertrand n’a jamais dit non à une participation à un congrès, donc il ne faut pas l’exclure », espère encore Damien Abad, le patron des députés LR et soutien de l’élu du Nord. « Personne n’est kamikaze, et Xavier ne le sera pas non plus », veut aussi croire Gilles Platret.

Les Républicains auront aussi à gérer le cas Eric Zemmour. Le polémiste, toujours plus proche d’une candidature à la présidentielle, aurait-il le droit de participer au scrutin de la droite, comme le demande certains élus LR ? « Bien sûr que non ! Zemmour est proche de Marine Le Pen, il n’appartient pas à la droite républicaine », tranche Damien Abad. Les conditions de participation au scrutin – 250 parrainages d’élus – devraient clore pour de bon ce débat.

  • Et ce sondage, au fait ?

Reste la question du sondage, sorti du chapeau de Christian Jacob avant l’été. Plusieurs questions sont posées aux militants pour déterminer quel candidat a les plus grands atouts : qui est le mieux placé pour passer le premier tour ? Et pour battre Emmanuel Macron ? Au départ, la direction espérait plus ou moins secrètement que cette vaste enquête lancée auprès de 15.000 sympathisants permette de dégager un « candidat naturel ». Mais en actant le principe d’un congrès ou d’une primaire, a-t-il encore une utilité ? « Certains espèrent que Bertrand arrive en tête sur tous les items pour tuer le match », siffle un cadre LR. « C’est une photographie de l’opinion à droite, pour dessiner le meilleur profil pour la droite républicaine. Ce sera une aide à la décision », répond Gilles Platret. Les résultats seront dévoilés le 22 septembre.