Présidentielle 2022 : Avec leur primaire, les écologistes espèrent prendre le leadership à gauche

POLITIQUE Avec 122.670 inscrits pour le scrutin qui dont le premier tour se conclut ce dimanche, les écologistes ont pulvérisé leur ancien record de participation

Thibaut Le Gal
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Les candidats écolo à la primaire.
Les candidats écolo à la primaire. — NOSSANT/HARSIN ISABELLE/SIPA
  • EELV et leurs alliés organisent une primaire pour désigner le candidat écologiste à la présidentielle de 2022.
  • Le scrutin, qui s'est ouvert jeudi et dont le premier tour se conclut ce dimanche, doit départager l’eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l’ancienne vice-présidente de la région Hauts-de-France Sandrine Rousseau, la députée Delphine Batho et l’entrepreneur Jean-Marc Governatori.
  • Avec 122.670 électeurs inscrits pour participer à la primaire, les écologistes pulvérisent leur ancien record.

Au début de l’été, le camp de Yannick Jadot s’inquiétait d’une primaire écologiste trop rabougrie. « Avoir une primaire restreinte sur nous-même autour de 30.000 participants serait un échec. Il faut espérer doubler voire tripler ce chiffre pour obtenir une force propulsive. » Trois mois plus tard, avec 122.670 électeurs inscrits pour participer à la désignation du champion écolo à la présidentielle, l’objectif est atteint. Alors que le vote du premier tour est organisé de jeudi à dimanche, Europe écologie-Les Verts et leurs alliés espèrent surfer sur ce scrutin déjà « réussi » pour lancer leur campagne et prendre le leadership à gauche.

« On a su déjouer les risques de cette primaire »

Avec 122.670 inscrits, les écologistes pulvérisent leur ancien record (de 2011, moins de 33.000, alors qu’ils n’étaient que 17.000 en 2016), mais restent encore loin des chiffres de la primaire de gauche en 2017 (1,6 million de votants au premier tour) et de celle de la droite et du centre (4,2 millions) en 2016. « Ca confirme notre élan et montre notre ancrage dans la société, salue Eva Sas, porte-parole d’EELV et ex-députée. On avait pris le pari risqué de lancer le processus au cœur de l’été – donc pas dans les meilleures conditions – et alors que les autres partis sont frileux sur l’idée de primaire… Au final, ce n’est pas un raz-de-marée, mais on a une grande participation citoyenne, qui donnera de la force à notre futur candidat. »

« Cette primaire est une double satisfaction : le nombre d’inscrit et la qualité des débats, avance Julien Bayou, le patron d’EELV. Ca a parfois un peu chicané entre les équipes. Mais on a su poser un cadre qui englobe tout le monde. » Alors que certains leur promettaient une foire d’empoigne,la campagne express et les débats télévisés se sont finalement tenus sereinement. « On a tiré les leçons du passé, veut croire Eva Sas. Ce n’est pas en s’empoignant devant les caméras qu’on peut crédibiliser un candidat. On était attendu au tournant, et on a déjoué les risques de division. Cela démontre notre maturité. »

« Notre candidat ne sera pas issu de petits arrangements entre amis »

Avec une primaire réussie, les écologistes espèrent se démarquer de leurs concurrents et prendre le leadership à gauche. « Je constate que le PS n’a pas fait le choix de primaire ouverte. Nous, on est dans la constance de la démocratie participative. Notre candidat ne sera pas issu de petits arrangements entre amis, mais d’une légitimité citoyenne », tacle Eva Sas, soutien de Yannick Jadot.

« Quand on voit la décomposition de la social-démocratie, les insoumis resserrés autour de Jean-Luc Mélenchon, Montebourg qui vit sa vie… Ceux qui parviennent à faire le dépassement, c’est nous. On a donné une image flatteuse de l’écologie politique. Dans un contexte de défiance, c’est bon à prendre », abonde l’eurodéputé EELV David Cormand, ancien patron du mouvement. « Avant, tout le monde s’en foutait du candidat écolo. Aujourd’hui, même nos adversaires veulent venir voter pour parasiter notre primaire, cela montre qu’on est devenu un vrai enjeu », ajoute ce soutien d’Eric Piolle.

Pour Julien Bayou, le parti est déjà en ordre de marche et regarde déjà vers avril prochain. « On se retrouve aujourd’hui mieux organisé que la droite dite "de gouvernement", qui n’a toujours pas de candidat ni de moyen de le désigner. Cela montre qu’on n’est pas là pour faire de la figuration en 2022 mais pour l’emporter ».