Présidentielle 2022 : Lors du débat pour la primaire écolo, les candidats tentent de se différencier sur la décroissance

PROPOSITIONS Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Eric Piolle et Sandrine Rousseau s’affrontent pour représenter l’écologie à la présidentielle 2022

20 Minutes avec AFP
Voici les cinq candidats à la primaire écologiste : Eric Piolle, Delphine Batho, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau et Jean-Marc Governatori.
Voici les cinq candidats à la primaire écologiste : Eric Piolle, Delphine Batho, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau et Jean-Marc Governatori. — Jean Michel Nossant/isa H/SIPA

Les échanges continuent pour aider les Vert à départager leur représentant à la présidentielle de 2022. Les candidats à la primaire écologiste ont ainsi tenté de marquer leur différence sur la question de la décroissance, mercredi au deuxième débat public diffusé sur LCI.

Les cinq protagonistes, que les électeurs inscrits pourront départager au premier tour entre le 16 et le 19 septembre, débattront à nouveau vendredi. Les votants choisiront ensuite entre les finalistes du 25 au 28 septembre.

Pour Batho, écologie rime avec décroissance

Pour la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, « il n’y a pas de politique écologique sérieuse sans décroissance ». « C’est ne plus baser les décisions sur l’obsession de l’augmentation du PIB, et de le remplacer par des indices de santé sociale, par le niveau d’éducation, par les réductions des émissions de gaz à effets de serre », a-t-elle expliqué.

Mais pour l’ex-numéro 2 d’EELV, Sandrine Rousseau, « la décroissance sans un projet social, sans un projet de réforme de la fiscalité et de réduction massif des inégalités, sans un contrôle des marchés financiers, sans le protectionnisme aux frontières, ça n’existe pas ». « Le sujet, c’est le partage des richesses et la sortie d’accumulation et de concentration dans lequel nous nous sommes enfermés », a-t-elle insisté, défendant « l’impôt comme outil majeur de solidarité dans une société ».

Repenser l’utilisation du PIB

Eric Piolle, le maire de Grenoble, a pour sa part souligné qu’il n’était pas « fan du terme de décroissance », estimant que le PIB n’était « pas le bon indicateur » pour les politiques publiques. « Avoir un accident de voiture, c’est bon pour la croissance », a-t-il déploré.

Donné favori de la primaire par des sondages, l’eurodéputé Yannick Jadot a souligné l’importance d’avoir des indicateurs « qui calculent notre prospérité, pas juste notre enrichissement, mais la capacité des plus fragiles à vivre dignement, la santé et l’environnement ». Mais « ce qui importe ce n’est pas d’avoir un débat théorique, c’est d’expliquer comment l’écologie répond aux problèmes du quotidien ».

Governatori dit non au cannabis

Enfin, Jean-Marc Governatori, candidat centriste, a pour sa part défendu l’idée d'« avoir une activité humaine compatible avec la biosphère ». Il a par ailleurs exprimé sa différence avec ses concurrents sur les voitures électriques, qu’il considère comme « un fléau » et s’est aussi opposé à la légalisation du cannabis, que défendent les quatre autres candidats.

Quelles seraient leurs premières mesures en tant que président ? Governatori lancerait un grand débat public sur l’éducation, Jadot sortirait de l’élevage industriel, Batho prendrait un décret pour interdire les pesticides, Piolle lancerait un référendum pour inscrire dans la constitution la garantie du climat et de l’environnement et le référendum d’initiative citoyenne, et Rousseau ferait un pacte de dignité sociale et écologique avec notamment un revenu minimum de 850 euros. Dans moins d’un mois, ils sauront quelle vision a le plus convaincu.