Présidentielle 2022 : Arnaud Montebourg officialise sa candidature et promet à la France une « remontada »

CAMPAGNE L'ancien ministre de François Hollande, qui réunissait ses troupes dans la Nièvre, ne compte pas passer par la primaire socialiste

20 Minutes avec AFP
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Arnaud Montebourg en juin dernier lors du lancement de marque de glace à Paris.
Arnaud Montebourg en juin dernier lors du lancement de marque de glace à Paris. — Alain ROBERT/SIPA

C’est désormais officiel. Ancien ministre socialiste, Arnaud Montebourg s’est déclaré ce samedi candidat à la présidence de la République en vue de l'élection d'avril prochain. Depuis sa ville natale de Clamecy (Nièvre), il a promis aux Français une « remontada » entre 2022 et 2027.

« C’est pour cette tâche difficile mais magnifique, audacieuse mais nécessaire, et pour cette tâche seulement, que j’ai décidé de présenter aujourd’hui aux Français ma candidature à la présidence de la République », a clamé l’entrepreneur de 58 ans devant plusieurs centaines de partisans réunis dans la mairie de la commune.

Se disant « homme de gauche », il a néanmoins affirmé vouloir s’affranchir du clivage gauche-droite : « Les partis de droite ne savent pas vous protéger contre les injustices, les partis de gauche ne savent pas vous protéger contre l’insécurité. »

Une « remontée » industrielle, démocratique et écologique

Malgré l’absence d’appui d’un parti, Arnaud Montebourg a confié « éprouver de la légitimité à porter au pouvoir » les « idées, combats et projets portés dans le passé » et aujourd’hui devenus, selon lui, « le centre de gravité des convictions des Français », comme la lutte contre la mondialisation néolibérale, la réindustralisation ou encore la VIe République.

Le candidat malheureux aux primaires socialistes de 2012 et 2017 a expliqué le slogan qu’il donnait à sa campagne, la « remontada de la France » – soit le mot espagnol pour désigner la remontée. Il a décliné cette remontée « en cinq ans, de 2022 à 2027 », en plusieurs axes : reconstruction industrielle, remontée des salaires, VIe République, « France sans pétrole » en 20 ans, « sévérité républicaine » ou encore « retour à la terre ».

Occuper un « espace vide » en faisant « une synthèse entre la droite et la gauche »

Interrogé il y a quelques jours par 20 Minutes, son entourage assurait que l’ancien membre du PS ne comptait pas faire une candidature de témoignage, et souhaitait occuper un « espace vide » entre un Jean-Luc Mélenchon « qui stagne dans les sondages » et une Anne Hidalgo jugée sans programme, dont « la politique est plus proche de celle d’Emmanuel Macron que de celle des socialistes ».

Sa ligne politique constituera « une synthèse entre la droite et la gauche, qui dépasse les clivages et se focalise sur un bloc populaire français concentrant les oubliés de la mondialisation, les classes défavorisées et les professions qui n’ont plus les moyens de vivre dignement », nous confiait ainsi l’un de ses proches.

Sans soutien d’un parti, sans troupes autres que les 4.500 adhérents libres de son mouvement L’Engagement, avec des sondages le créditant entre 2 et 5 %, certains à gauche questionnent la possibilité qu’il « aille au bout » de sa candidature.