Présidentielle 2022 : Déclarés ou indécis, pro ou anti primaire... Qui seront les candidats de la droite et du centre ?

ELECTION Depuis ce jeudi, on y voit plus clair sur la ligne de départ à droite. « 20 Minutes » fait le point

Tom Hollmann
— 
Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, bientôt rivaux?
Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, bientôt rivaux? — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Candidature d'Eric Ciotti à la primaire, abandons de Laurent Wauquiez et de Bruno Retailleau : la situation s'est clarifiée ce jeudi quand aux candidats de la droite républicaine à l’élection présidentielle de 2022.
  • Mais la tenue d’une primaire, dont les modalités seront précisées à l’occasion d’un congrès le 25 septembre prochain, divise les challengers potentiels.
  • Entre ceux qui y sont favorables, ceux qui iront quoi qu’il en coûte et ceux qui hésitent, qui ira, qui n’ira pas ? On fait le point.

Edit du 27 août 2021 à 17h30 : Article mis à jour après que Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez ont renoncé à se présenter, et après l’annonce de la candidature de Michel Barnier

L’été touche à sa fin, et la rentrée politique s’annonce chargée. L’élection présidentielle de 2022 en ligne de mire, la droite française s’écharpe pour désigner le candidat qui sera capable de battre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et pour cause, entre ceux qui sont favorables à une primaire de la droite, ceux qui iront quoi qu’il en coûte et ceux qui jouent l’indécision, la situation devient de moins en moins lisible.

Alors en attendant le 25 septembre, et le congrès (dématérialisé) annoncé par Christian Jacob, président de LR, durant lequel le principe et les modalités de la primaire à venir seront soumis au vote des militants, 20 Minutes fait le point sur les challengers de la droite et du centre.

Eric Ciotti, le nouveau venu

Il est la surprise de cette primaire à venir. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, président de la commission d’investiture des Républicains et référent du parti LR sur les questions de sécurité a annoncé sa volonté de représenter la droite en 2022, sur BFM TV, ce jeudi matin. « Je serai candidat à la primaire de la droite pour désigner notre candidat pour l’élection présidentielle et sortir notre pays de la pente du déclin », a déclaré le parlementaire au micro de la chaîne d’information en continu.

Le « Monsieur Sécurité » de LR, à qui la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel reprochait d’être un « complice du Rassemblement National (RN) » alors qu’il refusait de soutenir la liste de Renaud Muselier (LR) pour les régionales en Paca, adopte une position sans concession vis-à-vis de la Macronie. Partisan d’une « droite forte » sur les questions régaliennes, il souhaite « cranter l’aile droite de [sa] famille politique » et commencera sa campagne à Levens, dans les Alpes-Maritimes, où il donne rendez-vous à ceux qui le soutiennent dès ce samedi.

Michel Barnier se résout à la primaire

Michel Barnier a annoncé sa candidature à la primaire de la droite ce jeudi soir lors du 20 heures de TF1 et dans une interview du Figaro. Il y a quelque temps encore, il ne jugeait pas une primaire de la droite « indispensable », estimant la droite capable de s’unir de manière consensuelle autour d’un même candidat. « On ne va pas déterminer notre candidat à coups de sondages », faisait remarquer l’ancien négociateur en chef du Brexit pour l’Union Européenne sur France Info. Désormais dans la course, il veut « porter le projet à droite d’une France réconciliée ».

Valérie Pécresse s’y voit déjà

La présidente de la région Île-de-France, qui s’est décrite comme « deux tiers Merkel, un tiers Thatcher » dans une interview au Point, a officialisé sa candidature dans les colonnes du Figaro, à la fin du mois de juillet. Logiquement partisane (aux côtés de Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau et Hervé Morin, comme elle l’a fait savoir dans une tribune publiée dans le Figaro) d’une primaire ouverte aux candidats de la droite et du centre, puisqu’elle est à la tête de son propre parti, Libres, elle souhaite « restaurer la fierté française » et « rompre avec dix ans de mauvais choix, de demi-mesures, d’indécisions, et en fin de compte [d’]affaissement de notre pays », déclarait-elle au Figaro.

Légèrement en retrait par rapport à Xavier Bertrand dans les enquêtes d’opinion – 13 % d’intentions de votes, contre 16 % pour Bertrand dans l’hypothèse où la droite réussirait à élire un candidat unique, selon un sondage Harris Interactive/Challenges paru ce mercredi – Valérie Pécresse saura, elle aussi, axer sa campagne sur les questions de sécurité et le régalien, dans la ligne directe de sa campagne passée pour les élections régionales et départementales.

Xavier Bertrand ira quoi qu’il en coûte

« La primaire ce n’est pas mon affaire », déclarait-il ce lundi sur Europe 1. Le président de la région Hauts-de-France ne renoncera pas à la présidence de la République, quitte à devoir se battre contre ses anciens alliés LR, qu’il a quittés en 2017. Déclaré avant les autres, il est pour le moment en tête des enquêtes d’opinions, et apparaît donc comme le candidat le plus à même de contrecarrer un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Partisan d’un mandat unique, « cinq ans seulement pour redresser le pays », il évoquait, sur TF1 début juillet, « une candidature de cohérence avec [sa] conception de l’élection présidentielle [qui] est une rencontre entre un homme, une femme et les Français ». Il a effectué sa rentrée politique ce mercredi, en Indre-et-Loire, où il a assisté à la cérémonie des 77 ans du massacre de Maillé par les nazis, avant d’aller à Chinon, où le maire, Jean-Luc Dupont, le soutient. L’occasion de rendre hommage à la « grandeur » du général de Gaulle et de marcher dans les pas de l’ex président Nicolas Sarkozy, qui s’y était rendu pour la dernière fois en juin 2008.

Wauquiez et Retailleau jettent l’éponge

Revigoré par sa réélection à la tête de la région Auvergne Rhône-Alpes, l’ancien président des Républicains, Laurent Wauquiez, a toutefois annoncé ce jeudi soir son intention d’être candidat à la présidentielle. « Je ne veux pas ajouter de la division à la division. Les candidatures à la présidentielle à droite se multiplient de façon inquiétante », a-t-il expliqué sur Twitter. Selon Le Parisien, il avait arrêté sa décision ce mois-ci, « après un mois de juillet consacré à de nombreuses consultations ».

Même son de cloche, ce vendredi en fin de journée, du côté de Bruno Retailleau. « J’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle. Je n’ai jamais été obsédé par mon destin personnel, c’est le destin de la France qui m’obsède », déclare-t-il au Figaro. Fidèle de François Fillon, les sondages étaient rudes pour le chef de file de LR au Sénat : en mai dernier, une enquête d’opinion Ifop-Fiducial ne le créditait que de 6 % d’intentions de votes au premier tour de la présidentielle.

Morin, Lisnard et Juvin… Les outsiders

Quatrième et dernier signataire de la tribune du Figaro, Hervé Morin entend lui aussi profiter de sa réélection en Normandie pour peser dans le débat à droite. Dans l’hypothèse où le président des Centristes ne se présenterait pas à la primaire de la droite et du centre, il entend soutenir Valérie Pécresse. « Il y a un discours moderne, un discours responsable, une femme… Tout ça, ça peut nous faire une bonne présidente de la République », déclarait-il sur France Info.

Le maire Les Républicains de Cannes David Lisnard, inconnu des Français il y a encore quelques mois, s’est illustré par son activisme durant la crise sanitaire. Egalement candidat à la succession de François Baroin à la tête de l’Association des maires de France, celui qui est à la tête de son propre mouvement, baptisé Nouvelle énergie, déclarait à BFMTV début juillet qu’il « [pourrait] se présenter » dans l’hypothèse d’une primaire.

Autre figure de la crise sanitaire, Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou et maire (LR) de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) est favorable à une primaire de la droite et du centre. Sur France Inter, en juillet, il appelait Xavier Bertrand à rejoindre le débat, afin de voir qui est « le meilleur, le plus fort ». Il a  officialisé sa candidature fin juillet et se déclare comme le « candidat des services publics ».

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, ne s’embarrassera pas d’une candidature à la primaire. « Je ne vois pas l’intérêt d’une primaire lorsque l’un des candidats (Xavier Bertrand), a fortiori celui dont les sondages sont les plus flatteurs, refuse d’y participer », confiait-il à Capital début juillet. Même son de cloche pour Jean-Frédéric Poisson, président de VIA-La Voie du Peuple, qui passera directement par la case présidentielle. « Je veux solliciter directement le suffrage des Français », indiquait-il à Capital.