Elections en Allemagne : A cinq semaines du scrutin, Angela Merkel vole au secours des conservateurs en difficultés

CAMPAGNE La Chancellière allemande a pris la parole pour soutenir son dauphin, Armin Laschet

20 Minutes avec AFP
Armin Laschet, candidat conservateur pour les élections du 26 septembre, a reçu le soutien de la Chancelière Angela Merkel ce samedi
Armin Laschet, candidat conservateur pour les élections du 26 septembre, a reçu le soutien de la Chancelière Angela Merkel ce samedi — action press/SIPA

Un coup de pouce bienvenu. A cinq semaines d’élections législatives indécises en Allemagne, Angela Merkel a apporté ce samedi un soutien ferme à son dauphin conservateur Armin Laschet, embourbé dans les difficultés. La chancelière âgée de 67 ans, qui s’engageait pour la première fois dans la course en participant à un meeting de son camp conservateur à Berlin, a insisté sur les qualités humaines d’Armin Laschet, capable, selon elle, « de construire des ponts entre les gens ».

« Il a toujours été important pour lui de placer la dignité individuelle et inaliénable au centre de tout », a-t-elle martelé. « Je suis profondément convaincue » que « c’est avec cette attitude qu’il servira les Allemands en tant que chancelier », a-t-elle ajouté alors que la campagne du candidat de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), pour le scrutin du 26 septembre, patine.

Dégringolade dans les sondages

Angela Merkel, qui s’apprête à se retirer de la vie politique après 16 années au pouvoir, s’était jusqu’ici donnée pour mot d’ordre de rester très discrète en vue du scrutin pour laisser le champ libre à son successeur désigné. Mais devant la dégringolade dans les sondages, elle tente désormais, grâce à la popularité record dont elle continue de jouir malgré ses 31 ans de carrière politique, de glaner des points pour les conservateurs.

La CDU, avec son allié bavarois CSU, reste en tête des intentions de vote mais a chuté à entre 22 % et 23 %, contre environ 30 % il y a quelques semaines. Depuis le début de l’année où il caracolait à 36 %, la chute est vertigineuse.

Série de maladresses

Fragilisé par une série de maladresses, Armin Laschet s’en est pris à ses deux principaux rivaux, les sociaux-démocrates et les Verts, assurant vouloir « combattre avec tout ce que je peux pour que ce pays ne soit pas dirigé par des idéologues ». Son parti, qui a largement dominé la vie politique de l’Après-Guerre, « veut gouverner non pas parce que nous avons envie de gouverner mais parce que nous devons gouverner pour que l’Allemagne emprunte le bon chemin », a-t-il dit devant une centaine de militants.

La mauvaise gestion politique des inondations meurtrières en juillet dans l’Ouest du pays par Armin Laschet, dirigeant de l’une des deux régions frappées par la catastrophe, lui a notamment coûté cher en terme de popularité. Les images le montrant hilare derrière le président Frank-Walter Steinmeier, en pleine inondation, ont suscité l’opprobre et eu un effet calamiteux sur un homme qui n’a jamais fait l’unanimité dans sa propre formation politique. Alors que les résultats du scrutin seront scrutés dans toute l’Europe, Armin Laschet est de plus en plus contesté dans les rangs de son parti où certains réclament qu’il retire sa candidature.

Les sociaux-démocrates en embuscade

Les conservateurs sont désormais talonnés par le Parti social-démocrate (SPD) qui, emmené par le ministre des Finances, Olaf Scholz, effectue une remontée surprise avec 21 % des intentions de vote, selon les derniers sondages. Avec un score actuel de seulement 17 %, les écologistes traversent, eux, un long passage à vide depuis le début de l’été, loin de l’euphorie qui avait suivi en avril l’annonce de la candidature d’Annalena Baerbock. Les Verts avaient même alors dépassé les conservateurs dans les sondages.

Réputé peu charismatique et piètre orateur, Olaf Scholz a su développer une image de compétence auprès des électeurs quand Armin Laschet et Annalena Baerbock multipliaient les bourdes et devaient se défendre d’accusations de plagiat.