Européennes : la désignation des candidats socialistes a fait des dégâts

POLITIQUE De Benoît Hamon à Ségolène Royal, des dissensions ont éclaté dans presque toutes les familles du parti...

Emile Josselin

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Le tribunal administratif a ordonné mardi au maire PS de Paris Bertrand Delanoë de lui transmettre d'ici au 1er mars une liste de personnes susceptibles d'assurer le Service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles en cas de grève, ce qui sera fait, a assuré la Ville dans un communiqué.
Le tribunal administratif a ordonné mardi au maire PS de Paris Bertrand Delanoë de lui transmettre d'ici au 1er mars une liste de personnes susceptibles d'assurer le Service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles en cas de grève, ce qui sera fait, a assuré la Ville dans un communiqué. — Denis Charlet AFP/Archives

La géographie socialiste née du congrès de Reims était déjà complexe. L'affaire a été corsée encore un peu plus par la désignation des candidats aux européennes. Le point sur les conséquences dans les courants du PS.

Delanoë se retrouve seul. Le groupe constitué autour du maire de Paris à l'occasion du Congrès de Reims s'est fracassé contre la désignation des candidats aux européennes. François Hollande et Pierre Moscovici ont repris leur liberté (lien) la semaine dernière. La raison? Les partisans de Delanoë se seraient attribués la plupart des places, négociées par le bras droit du maire de Paris, Harlem Désir. Et ce au détriment des amis de Pierre Moscovici - la bourguignonne Safia Otokoré n'a pas obtenu de place dans le sud-est -  et de François Hollande - Stéphane Le Foll, proche de l'ancien premier secrétaire, n'est pas tête dans le sud-ouest. Une scission qui couvait: les partisans de Hollande avaient déjà reproché à Harlem Désir d'avoir «plombé le congrès». Même un jospiniste historique, le député-maire de Lens Guy Delcourt, a râlé contre les listes.

Les partisans de Royal s'offrent leur première grosse dispute. C'est parmi les proches de Ségolène Royal qu'est née la fronde contre les listes: le maire de Lyon, Gérard Collomb, a protesté contre le parachutage de Vincent Peillon dans la circonscription sud-est, tout deux ségolénistes. Il a été suivi par d'autres partisans de l'ancienne candidate à la présidentielle, comme Malek Boutih, Najat Belkacem ou Gilles Savary. Au point que les négociateurs du courant Royal ont dû se fendre d'une lettre et d’un communiqué pour justifier leurs choix, et rassurer sur l'unité du courant.

Une démission chez Hamon. Le groupe animé par le porte-parole du parti a subi les conséquences de la désignation: une des proches de Benoît Hamon, Mireille Le Corre, patronne du PS de l'Yonne, a démissionné de la direction après avoir refusé de signer l'appel à voter en faveur des listes. Elle protestait contre l'investiture dans le nord-est d'Aurélie Filipetti, élue à l'Assemblée nationale dans le sud-est. Et du choix de son courant d'investir Liem Hoang Ngoc dans la région.