« Projet Pegasus » : Le ministre israélien de la Défense assure à la France prendre l’affaire « au sérieux »

ESPIONNAGE Benny Gantz, ministre israélien de la Défense, a rencontré son homologue Florence Parly

20 Minutes avec AFP
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Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, à Tel Aviv le 27 juillet 2021 (illustration).
Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, à Tel Aviv le 27 juillet 2021 (illustration). — Tal Shahar/AP

Le ministre israélien de la Défense était mercredi à Paris en opération déminage. Benny Gantz a assuré à son homologue française Florence Parly que son pays prenait « au sérieux » les allégations d’espionnage concernant le logiciel israélien Pegasus. Il s’agissait de la première rencontre entre le ministre de la Défense israélien et son homologue français depuis 2013, a précisé le ministère des Armées.

Benny Gantz a « abordé le sujet NSO (société de cybersécurité israélienne conceptrice de Pegasus) et déclaré qu'Israël prenait les allégations au sérieux », a confirmé le ministère israélien de la Défense. « Il a souligné que l’Etat d’Israël ne donnait des autorisations d’exportation de produits cyber qu’à des Etats et seulement pour lutter contre le terrorisme et le crime », a ajouté le ministère.

De son côté, Florence Parly « lui a indiqué les clarifications qui sont aujourd’hui attendues par la France, et dont dépendent la confiance et le respect mutuel entre nos deux pays », a précisé le ministère français des Armées. La ministre avait déjà indiqué mardi vouloir saisir l’occasion de cet entretien bilatéral, prévu de longue date, pour savoir « quelle connaissance le gouvernement israélien avait des activités des clients de NSO » et comment il comptait « prévenir un détournement de ces outils hautement intrusifs ».

NSO nie

Pegasus, qui permet d’infiltrer des systèmes informatiques, est au cœur d’un scandale mondial d’espionnage révélé à la mi-juillet par 17 médias. Il aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 85 militants des droits humains ou encore de 14 chefs d’Etat dont le président français Emmanuel Macron, ce que NSO réfute.

Selon les médias français Le Monde et Radio France, des numéros d’Emmanuel Macron ainsi que ceux de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian, figuraient « dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain, utilisateur de Pegasus, pour un potentiel piratage ». « Si ces faits sont avérés (…) nous en tirerons toutes les conséquences, mais d’abord il faut qu’il soit prouvé qu’ils sont avérés », a avancé le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, en soulignant que des « vérifications » étaient en cours.

Régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, NSO assure que son logiciel Pegasus sert uniquement à obtenir des renseignements sur des réseaux criminels ou terroristes. Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur les allégations d’utilisation de Pegasus à « mauvais escient » par certains Etats pour espionner des personnalités. Benny Gantz a ainsi informé Florence Parly que des « représentants officiels s’étaient rendus mercredi dans les bureaux de NSO », a indiqué le ministère israélien de la Défense, sans plus de précisions.