Pour le patron des socialistes du Nord, «Gérard Collomb va entendre raison»

EUROPEENNES Gilles Pargneaux, comme 70 responsables départementaux, riposte aux critiques du maire de Lyon...

Entretiens avec Emile Josselin

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 Le premier secrétaire du PS du Nord, Gilles Pargneaux.
 Le premier secrétaire du PS du Nord, Gilles Pargneaux. — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

 Premier secrétaire de la fédération PS du Nord (10.000 adhérents), proche de Martine Aubry, Gilles Pargneaux est signataire d'un appel de 70 responsables départementaux du PS demandant aux militants socialistes de ratifier les listes du parti aux européennes. Le texte a été élaboré en réponse aux sévères critiques formulées par Gérard Collomb contre la désignation des candidats PS.

Pourquoi avoir fait cette contre-pétition en réponse à Gérard Collomb?
Cette idée est venue d'une concertation collective. En entendant les déclarations de certains, on s'est dit qu'on ne pouvait pas avoir d’un côté un discours de rassemblement, et de l’autre des élus qui protestent, déçus que leurs poulains n'aient pas été retenus... Les listes ont été constituées de façon collective, et adoptées à une large majorité. Dans ma circonscription (le Nord-Ouest), les dix responsables fédéraux ont appellé à valider les listes. Et pourtant, certains avaient soutenus Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë.

Justement, on reproche à Martine Aubry d’avoir réservé à ses proches la circonscription où vous êtes tête de liste, forçant ainsi le parachutage de Vincent Peillon dans le Sud-Est et d’Henri Weber dans le Centre...
Cette idée est fausse. Certes, Martine Aubry revendiquait une tête de liste sur les huit circonscriptions. Mais est-ce anormal, compte tenu de son poids politique dans le parti ? Non ! Et quand on regarde le poids de sa motion dans la circonscription Nord-Est, on dépasse largement les 50%. Pourtant, sur dix candidats titulaires, quatre viennent du Nord-Pas-de-Calais, contre cinq en 2004. Toutes les régions sont représentées. Ceux qui prétendent le contraire ont de mauvaises intentions. Et concernant les parachutages, il y en aura moins qu'en 2004, où Gilles Savary (évincé des listes du Sud-Ouest où il comptait se présenter, NDLR) et Anne Ferreira s'étaient présentés en Île-de-France, Benoît Hamon dans l'Est, et Michel Rocard dans le Sud-Est...

Quelle est la sortie de crise possible, d'ici la ratification des listes par les militants, prévue le 12 mars?
Je pense que d'ici là, Gérard Collomb va entendre raison. C'est un homme responsable, un grand élu, il doit savoir qu'une majorité doit être respectée. En ce moment, il fait le jeu de la droite. Il devrait s'en prendre à ceux qui sont dans sa motion, puisque Vincent Peillon est comme lui partisan de Ségolène Royal. Et sans être dans l'anathème, quand Gérard Collomb revendique 600 signatures, moi si je fais une pétition dans le Nord, en une journée, on est plus de 1.000!

Pas-de-Calais
Confiante dans le résutat du vote, la patronne des socialistes du Pas-de-Calais, Catherine Génisson elle aussi signataire de la liste, souligne «qu'aucun leader de courant n'a demandé de voter les listes». Elle dit avoir «particulièrement  apprécié le comportement très digne de Marie-Noëlle Lienemann», elle aussi exclue des listes, mais qui ne s'est pas jointe aux protestations.