Présidentielle : Pourquoi Valérie Pécresse entre maintenant dans la danse

DROITE La présidente de la région Ile-de-France a déclaré sa candidature jeudi pour se positionner à droite

T.L.G.
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Valérie Pécresse le 27 juin 2021.
Valérie Pécresse le 27 juin 2021. — Jacques Witt/SIPA
  • Valérie Pécresse a accéléré plus tôt que prévu, en déclarant sa candidature à la présidentielle 2022 jeudi.
  • La présidente de la région Ile-de-France ne souhaite pas laisser le champ libre à son rival à droite, Xavier Bertrand. 
  • Elle espère qu'une dynamique autour de sa candidature pousse le patron des Hauts-de-France à l'affronter dans une primaire ouverte. 

Elle n’a finalement pas attendu la fin du mois d’août, comme son entourage le martelait ces dernières semaines. Valérie Pécresse a annoncé dès jeudi, dans un entretien au Figaro, sa candidature à la présidentielle 2022 pour « restaurer la fierté française ». Réélue fin juin à la tête de l’Ile-de-France, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy est la deuxième personnalité à officialiser sa candidature à droite, après Xavier Bertrand. Mais pourquoi Valérie Pécresse a-t-elle décidé d’accélérer maintenant ?

Pour ne pas se laisser distancer par Xavier Bertrand

Lancé dans la présidentielle depuis près d’un an maintenant, Xavier Bertrand a officialisé sa candidature en mars, depuis quatre mois déjà. Profitant du silence des autres cadors, ses soutiens ne cessaient, depuis lors, de dire que le Nordiste avait tué le match à droite dans la course à l’Elysée. « Il a fait le trou, en dépassant les 18 %, bien devant les autres, et ce trou va s’élargir. Il est en passe de devenir le candidat naturel », prédisait l’un d’eux, début juillet, alors que l’ex-LR est crédité de 14 à 20 % d’intentions de vote dans les enquêtes, quelques points au-dessus de ses rivaux.

Valérie Pécresse est donc sortie du bois cette semaine pour éviter que Xavier Bertrand ne prenne trop d’avance durant l’été, même si l’entourage de la candidate tente de minimiser. « Elle ne vit pas sa campagne au rythme des autres. Elle saute les haies, les unes après les autres. Elle était d’abord concentrée sur les régionales et, désormais, elle trace sa route vers l’Elysée, avec des déplacements chaque semaine sur le territoire », assure Florence Portelli, la vice-présidente de l’Île-de-France.

Pour pousser à l’organisation d’une primaire

Reste que l’ancienne ministre du Budget n’ignore pas que Les Républicains lancent à la fin du mois d’août une enquête d’opinion auprès des sympathisants de droite. L’objectif : tenter de départager les forces en présence et s’éviter une guerre fratricide. En partant trop tardivement, Valérie Pécresse prenait le risque de laisser la seule hypothèse Bertrand imprimer les esprits. Sa candidature doit entraîner une dynamique assez forte pour pousser LR à organiser une primaire que la direction du parti tente par tous les moyens d’éviter.

« Valérie Pécresse n’est pas focalisée dessus, mais si jamais il y a une primaire, elle ira. Car la famille de la droite et du centre doit être unie, et qu’elle n’a jamais eu peur de la compétition », glisse Florence Portelli. Une pique adressée à Xavier Bertrand, qui ne cesse d’affirmer qu’il ne participerait pas à un tel système de départage.

Sur le plateau de TF1 jeudi soir, Valérie Pécresse a d’ailleurs commencé à mettre la pression sur son adversaire. « La primaire ouverte est lancée. Il y a une très belle équipe de France de la droite et du centre. C’est aux Français de déterminer le capitaine de l’équipe. » Et d’ajouter, malicieusement. « En tout cas moi, je suis vaccinée contre les divisions de la droite. Par le passé, elles nous ont fait suffisamment souffrir. »