Présidentielle 2022 : L’Ile-de-France n’est qu’un « marchepied » pour Valérie Pécresse, s’insurge l’opposition régionale

BATAILLE La présidente de la région Ile-de-France a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, ce qui fait bondir son opposition au conseil régional

20 Minutes avec AFP
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Valérie Pécresse le 27 juin 2021, après sa victoire au Conseil régional d'Ile-de-France.
Valérie Pécresse le 27 juin 2021, après sa victoire au Conseil régional d'Ile-de-France. — Jacques Witt/SIPA

Valérie Pécresse utilise la région comme « marchepied », a dénoncé jeudi son opposition de gauche au conseil régional après l’officialisation de sa candidature à la présidentielle. Ces mots sont de Julien Bayou (EELV), le candidat de l’union de la gauche qu’elle a devancé de 12 points au second tour du scrutin fin juin. « Moins d’un mois après sa réélection, Valérie Pécresse met déjà entre parenthèses le mandat que les Franciliens lui ont confié », réagit Céline Malaisé, présidente du groupe communiste. « Alors que la quatrième vague [de Covid-19] menace et que la crise sociale déferle, elle se préoccupe de son destin personnel. C’est affligeant mais peu surprenant. »

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 dans un entretien au journal Le Figaro mis en ligne jeudi. Et ce, au lendemain d’une première séance plénière du conseil régional lors de laquelle la présidente de la région Ile-de-France (Libres !, ex-LR) a assumé vouloir lancer la quasi-totalité des mesures de son deuxième mandat, qui court jusqu’en 2028.

« On souffre d’une abstention historique mais 20 jours après son élection, elle se présente à la prochaine », tance le secrétaire national d’EELV. « Elle qui revendique de la clarté a été ambiguë tout au long de la campagne, contrairement à d’autres ».

« Trois petits tours et puis s’en va »

Pendant sa campagne régionale, celle qui a succédé à Jean-Paul Huchon (PS) en 2015 s’était refusée à évoquer son possible avenir national, à la différence de son désormais rival à droite Xavier Bertrand, réélu à la tête des Hauts-de-France en proclamant son ambition d’être candidat en 2022.

Pour Maxime des Gayets, président du groupe socialistes et apparentés, « Valérie Pécresse à la région Île-de-France, c’est trois petits tours et puis s’en va. […] Ses promesses de campagne ne sont déjà que des souvenirs ».

Pour Paul Vannier, président du groupe Insoumis, la présidente « se dédit de ses engagements auprès des Franciliens » en se lançant dans la course à l’Elysée. « Elle incarnera dans la primaire de son camp le courant d’une droite tendance années 1980 : dure, obsolète et désintéressée des grands défis de notre temps ».