« Projet Pegasus » : Emmanuel Macron dans la liste des cibles potentielles du logiciel espion

ESPIONNAGE Des numéros du président et de membres du gouvernement figurent sur une liste de cibles potentielles du logiciel Pegasus, utilisé par certains Etats pour espionner des personnalités

20 Minutes avec AFP

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C'est quoi le projet Pegasus? — 20 Minutes

L’exécutif sur écoute ? Des numéros du président Emmanuel Macron et de membres du gouvernement figurent sur une liste de cibles potentielles du logiciel Pegasus, utilisé par certains Etats pour espionner des personnalités, a déclaré ce mardi Laurent Richard, directeur de l’organisation Forbidden Stories, confirmant une information du Monde.

Le quotidien a révélé mardi que ces numéros, dont celui de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, figuraient « dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’ Etat marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage ». Le royaume chérifien conteste son implication dans cette affaire d’espionnage.

« Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves »

« On a trouvé ces numéros de téléphone, mais on n’a pas pu faire d’enquête technique évidemment sur le téléphone d’Emmanuel Macron » pour vérifier s’il a été infecté par ce logiciel et donc « cela ne nous dit pas si le président a été réellement espionné », a expliqué le directeur de Forbidden Stories, sur la chaîne d’info LCI. Mais selon lui, que le président ait été ou pas espionné, cela « montre en tout cas qu’il y a eu un intérêt de le faire ».

« Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse », a réagi la présidence, pour savoir si le chef de l’Etat avait été « potentiellement espionné » via Pegasus.

Forbidden Stories et l’association Amnesty International ont obtenu une liste de 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle et l’ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche.

Des députés également sur la liste

Selon Radio France et Le Monde, outre Edouard Philippe et son épouse, des ministres de premier plan, à l’époque où leurs numéros ont été sélectionnés, figurent sur cette liste, dont Jean-Yves Le Drian, Christophe Castaner, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou François de Rugy. Mais aussi des parlementaires et responsables politiques comme François Bayrou du MoDem, le député de La France Insoumise Adrien Quatennens, ou Gilles Le Gendre (LREM).

Interrogé par les députés sur la présence de journalistes et politiques français dans la liste Pegasus, le premier ministre Jean Castex avait indiqué que des investigations étaient en cours pour vérifier « la matérialité » des faits allégués.

Macron n’est pas le seul chef d’Etat dont le téléphone a peut-être été espionné

Selon Radio France, le roi du Maroc Mohammed VI et son entourage « sont sur la liste des cibles potentielles », et d’après le Washington Post, autre membre du consortium de médias enquêtant sur cette affaire, elle contient des numéros de deux autres présidents, l’Irakien Barham Saleh et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

Le Washington Post avance également les noms de trois Premiers ministres en exercice, ceux du Pakistan, Imran Khan, de l’Egypte, Mostafa Madbouli, et du Maroc, Saad-Eddine El Othmani, et d’un total de sept Premiers ministres au moment où ils ont été sélectionnés sur la liste, dont le Libanais Saad Hariri, l’Ougandais Ruhakana Rugunda, et le Belge Charles Michel.

Interrogé sur franceinfo, François de Rugy a souhaité que « le Maroc fournisse des explications à la France, au gouvernement français et à une personnalité comme moi qui étais membre du gouvernement français lorsqu’il y a eu une tentative d’intrusion et de captation des données de mon téléphone portable », tandis que Gilles Le Gendre a dénoncé sur Twitter « l’extrême gravité de cet espionnage à grande échelle » révélé par le quotidien.

Avant même que ces nouvelles informations n’aient été dévoilées, la justice française a ouvert une enquête mardi pour examiner la plainte de journalistes qui auraient également été ciblés par le Maroc à l’aide de Pegasus, selon le consortium.