Européennes: Mélenchon et Buffet lancent leur campagne sans Besancenot

POLITIQUE Le NPA devrait décliner l'offre d'alliance...

E.J.

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La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi.
La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi. — Eric Cabanis AFP/Archives
Sauf improbable retournement de situation, ce sera chacun chez soi. Dimanche, le Parti de Gauche (PG) de l'ancien socialiste Jean-Luc Mélenchon et le PCF lanceront au Zénith leur campagne pour les élections européennes, baptisée «Front de gauche». Le même jour, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot doit donner sa réponse définitive à l'offre qui lui a été faite de se joindre à cette initiative. Et au vu des discussions, cette alliance a peu de chance de voir de jour, comme le relatait mercredi un dirigeant du Parti de Gauche chargé de mener les négociations, qui se disait «pas forcément très optimiste»:

Jeudi, le NPA d'Olivier Besancenot a réitéré «son offre d'alliance unitaire durable» aux partis de la gauche radicale, jusqu'aux régionales (prévues en 2010) et au-delà, «en toute indépendance du PS». Un préalable jugé «curieux» par le PG et le PCF, qui souhaitent élargir un «front de gauche» créé en novembre sur la base du «non de gauche» au traité européen en 2005. Et soulignent que la tribune du Zénith sera «ouverte à tous ceux qui veulent rejoindre le front de gauche sur son orientation politique». Mais pour le NPA, «se rassembler simplement sur la base du rejet des traités européens est en-deçà des exigences radicales qu'il faut affirmer dans les luttes comme dans les élections».

Sectarisme?


Pour l'instant, «c'est un face à face, mais la faute à qui?», interroge Jean-Luc Mélenchon (PG). Il souligne le «sectarisme» du NPA à l'égard du PCF, et assure que le «front de gauche» est «prêt à accueillir tout le monde». C'est pour cette raison qu’il n'a pas pourvu trois circonscriptions (Est, Sud-Est et outre-mer), réservées à de futurs partenaires. Il a dernièrement fait un appel du pied à José Bové :

Selon Jean-Luc Mélenchon, au «niveau départemental», certains membres du NPA, «(les) ont rejoints ». D'autres pourraient suivre, comme l'ancien chef du courant minoritaire de la LCR, Christian Picquet et ses amis, dont la motion favorable au «front de gauche» avait recueilli 16% lors du congrès fondateur du NPA début février. De son côté Lutte ouvrière, après s'être alliée à la LCR aux européennes en 1999 et 2004, a présenté ses propres listes mi-février. Le NPA devrait confirmer dimanche, lors de son premier conseil national, qu'il part seul dans la campagne. A la présidentielle comme aux européennes, la gauche du non au traité constitutionnel de 2005 n'arrive pas pour le moment à se rassembler.