François Fillon a-t-il le profil pour devenir président de la Commission européenne?

EUROPE C’est la dernière rumeur qui court: le Premier ministre français pourrait rejoindre Bruxelles...

Vincent Glad

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Près de 60% des Français souhaitent que les pays de l'Union européenne (UE) "impulsent des politiques communes" ou "renforcent la coordination" face à la crise économique, mais 33% disent préférer des solutions nationales, selon un sondage CSA à paraître mardi.
Près de 60% des Français souhaitent que les pays de l'Union européenne (UE) "impulsent des politiques communes" ou "renforcent la coordination" face à la crise économique, mais 33% disent préférer des solutions nationales, selon un sondage CSA à paraître mardi. — Eric Feferberg AFP/Archives
Selon «L'Express», François Fillon pourrait devenir à l'automne le nouveau président de la Commission européenne, en remplacement de José Manuel Barroso. Mais aucune source, aucune preuve, rien. Juste une rumeur.

Pour y voir plus clair, 20minutes.fr liste les 5 bonnes raisons pour que Fillon remplace Barroso... et les 5 raisons pour lesquelles il n'ira pas à Bruxelles.
 
Les 5 bonnes raisons pour que Fillon remplace Barroso
 
Les jours de Barroso sont comptés
Les élections européennes approchent et le mandat de José Manuel Barroso arrive donc à expiration. Candidat à sa succession, l'ancien Premier ministre portugais paraissait bien parti pour rempiler. Mais la crise est passée par là et la cote de Barroso s'est largement effritée. Plusieurs chefs d'Etat, dont Sarkozy qui le soutenait, semblent maintenant agacés par son manque d'initiative.
 
Les candidats à la succession de Barroso ne sont pas légion
En toute logique (mais rien n'est sûr), le Parlement européen devrait rester à droite après les élections de juin. Les chefs d'Etat, qui doivent proposer un nom au Parlement, cherchent donc un candidat de cette couleur politique. Problème: pour l'instant, personne ne se détache vraiment. Le nom de l'ancien Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende est souvent cité, mais comme l'écrit sur son blog Jean Quatremer, correspondant de «Libération» à Bruxelles, «son nom fait bailler d’ennui».
 
Son profil est apprécié à Bruxelles
L'avantage de Fillon, c'est qu'il est moins «français» que les Français. À côté de l'arrogance sarkozyenne, l'image lisse et technicienne du Premier ministre rassure Bruxelles. «Son image est bonne: il est rigoureux sur le plan financier, plus en tout cas que ses collègues français. De plus, il s'est déplacé plusieurs fois à Bruxelles en tant que Premier ministre, montrant sa bonne volonté», juge Jean-Dominique Giuliani, président du Centre Robert Schuman et auteur de «Sarkozy, un européen très pressé».
 
Il sait s'effacer devant Sarkozy
Le rôle de président de la Commission européenne est ingrat: il faut être à l'initiative mais il faut aussi savoir s'écraser devant le Conseil européen. Avaler des couleuvres, ça, Fillon sait le faire après presque deux ans au côté de Sarkozy. «C'est un bon point, tranche Jean-Dominique Giulani. Le président de la Commission doit savoir s'effacer face aux chefs d'Etat, ce que Barroso, fort de son expérience de Premier ministre, n'avait pas fait au début».
 
Le poste revient souvent à un ancien Premier ministre
Depuis 1981, sur les 5 personnalités qui ont présidé la Commission, quatre étaient ancien Premier ministre de leur pays (Thorn, Santer, Prodi, Barroso). François Fillon, qu'on dit partant après les européennes ou à la fin 2009, aurait donc le profil idéal quand il s'agira de nommer le président de la Commission (en juin ou à l'automne).
 

Les 5 raisons pour lesquelles Fillon n'ira pas Bruxelles
 
La France a démenti
Par la voix de Bruno Le Maire, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, le gouvernement a démenti la rumeur Fillon. «On est vraiment dans la pure politique-fiction», a déclaré le secrétaire d'Etat jeudi sur «France 24». «On a un Premier ministre qui fait un travail remarquable pour lutter contre la crise qui frappe la France de manière très dure. On a un président de la Commission qui fait son travail et une Commission qui fait son travail», a t-il rajouté.
 
Il a voté «non» à Maastricht
François Fillon a beau avoir voté «oui» au référendum de 2005, le Premier ministre reste marqué par sa campagne contre Maastricht en 1992, où il avait mené le combat au côté de Philippe Séguin. Cela fait de Fillon un converti tardif et non un membre de ce qu'on appelle la «famille européenne».
 
Il est le Premier ministre de Sarkozy
L'hyper-activisme de Nicolas Sarkozy a toujours été vu avec scepticisme à Bruxelles. Une candidature Fillon serait perçue comme une nouvelle tentative de Sarkozy pour prendre la main en Europe. «Il faut savoir si ses partenaires ont envie de lui faire un tel cadeau, le Président manquant trop souvent de tact (les attaques contre la République tchèque, lors de son interview radiotélédiffusée, ont causé de gros dégâts à l’Est)», écrit Jean Quatremer.
 
Les nominations à Bruxelles sont une partie de poker
À supposer que Fillon soit finalement candidat au nom de la France, la nomination serait délicate à négocier pour Sarkozy. Le poste de président de la Commission entre en fait dans un «package» qui comprend aussi les postes de ministre des Affaires étrangères, président du Conseil européen, président de l’Eurogroupe et secrétaire général de l’OTAN. Il faudra laisser de la place à tout le monde, et notamment aux autres groupes politiques (gauche et/ou libéraux) et aux pays de l'Est. Une double équation, politique et géographique, très complexe.
 
La France a déjà Michel Barnier

Ancien commissaire européen, Michel Barnier, tête de liste UMP aux européennes dans la région Ile-de-France, ne cache pas qu'il souhaite retrouver un poste de commissaire, et si possible un gros portefeuille. Problème pour Fillon: la France n'a qu'une place réservée à la Commission. Pas deux.