Allocution d’Emmanuel Macron : Les réactions syndicales et patronales sur les réformes des retraites et de l'assurance-chômage

REFORMES Emmanuel Macron a annoncé que la réforme de l’assurance-chômage serait mise en œuvre le 1er octobre, tandis que celle de retraites arrivera une fois « l’épidémie sous contrôle »

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec les syndicats en juin 2020 à l'Elysée.
Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec les syndicats en juin 2020 à l'Elysée. — Ludovic MARIN / POOL / AFP

Lundi soir, Emmanuel Macron a pris la parole pour présenter les mesures pour lutter contre le variant Delta du coronavirus. Mais ce n’est pas tout, le chef de l'Etat a également annoncé que la réforme de l'assurance chômage serait mise en œuvre dès le 1er octobre. Concernant  la réforme des retraites, s’il est n’est pas abandonnée, son calendrier n’est pas encore défini.

« J’ai entendu les débats. Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle », a-t-il déclaré sur la réforme des retraites. Comment a réagi le monde syndical et patronal ? On fait le point.

CGT

« Le président de la République n’écoute que lui. Il parle de concertation sur les retraites mais il annonce déjà qu’il faudra travailler plus », dénonce le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dans une interview au Parisien.

« Qu’est-ce que vous voulez qu’on aille discuter avec le gouvernement ? Sur la réforme de l’assurance chômage, il considère que la décision du Conseil d’État de reporter une partie de la réforme est un accident de parcours. Voilà, il est égal à lui-même, il recommence comme avant ».

Force ouvrière

« Le président a confirmé son intention d’imposer la réforme de l’assurance chômage et de ne pas abandonner le projet de réforme des retraites », écrit FO dans un communiqué, estimant que ce n’est « ni justifié, ni le moment ».

« FO conteste le bien-fondé de la réforme de l’assurance chômage » dont elle dénonce « l’injustice à l’égard des travailleurs les plus précaires », comme « le bien-fondé de la mise en cause du système de retraite et l’inéluctabilité du recul de l’âge de la retraite ».

CFDT

« La réforme (des retraites) est clairement renvoyée à après la présidentielle. C’est une décision de sagesse », a estimé mardi sur France 2 Laurent Berger, secrétaire général de la confédération. « C’était très clair, on l’avait dit, il n’y a aucune voie de passage à l’automne pour une réforme sur les retraites. D’abord il faudrait qu’on discute (…). Cela marque le début de la campagne présidentielle sans doute ».

En revanche, l’annonce de l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage au 1er octobre n’est pas « loyale », a jugé Laurent Berger. « On a vu le président de la République récemment, on a vu aussi la ministre du Travail. Aucun n’a dit que ce serait appliqué à cette date », a-t-il déclaré. « Il est toujours bon dans une allocution de taper sur les chômeurs en faisant croire qu’ils touchent plus en étant au chômage qu’en emploi. Donc il y a un petit brin de populisme dans ce qui a été dit hier ». « Le Conseil d’Etat doit encore se prononcer au fond sur cette réforme pour voir si elle est conforme. Et nous le redisons, cette réforme est injuste ».

CFE-CGC

« On a un peu l’impression qu’Emmanuel Macron finalement fait un discours à l’équivalent de son discours de campagne de 2016, comme si rien ne s’était passé en cinq ans », a affirmé le président de la CFE-CGC, François Hommeril, sur RTL. « Quand le président nous dit, presque la larme à l’œil, "je ne veux pas de gens qui aient une retraite inférieure à 1.000 euros", moi je pense qu’on peut être d’accord avec lui. Mais est ce que la problématique ce n’est pas justement des gens qui, dans leur vie de travail, n’ont pas suffisamment de quoi vivre ? »

Solidaires

« Macron nous annonce, en termes elliptiques, qu’il va continuer de dérouler sa politique de casse sociale à court ou moyen terme », écrit Solidaires dans un communiqué. (…) « L’Union syndicale appelle dès à présent à construire une rentrée sociale à la hauteur des attaques en préparation contre le monde du travail ».

Medef

La position du président de la République sur les retraites était « la position qu’on avait adoptée », a relevé le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, sur LCI lundi.

« Autant il faudra réformer le système de retraites, il faudra allonger la durée du travail, – il faudra le faire intelligemment –, autant on ne peut pas le faire dans un climat terriblement anxiogène comme aujourd’hui. Et le président a mis deux conditions, la fin de l’épidémie et le succès de la relance, je crois qu’on est assez d’accord avec ça et en creux, je pense que ça veut dire que ça va être difficile de le faire sur 2021 et que c’est un débat de 2022 ».