Présidentielle 2022 : Vers un premier tour le 10 avril et le second le 24 avril

CALENDRIER Une réunion s’est déroulée lundi entre le ministre de l’Intérieur et des représentants des partis, et ces dates devraient être présentées en Conseil des ministres dans les prochains jours

20 Minutes avec AFP
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Marine Le Pen et Emmanuel Macron (photomontage).
Marine Le Pen et Emmanuel Macron (photomontage). — Photos Sipa / montage 20 Minutes

Ce n’est pas encore dans le marbre, mais c’est presque acquis. Une majorité d’avis s’est dégagée lundi pour que le premier tour de l’élection présidentielle de 2022 se déroule le 10 avril et le second le 24 avril, lors d’une réunion de représentants des partis politiques autour de Gérald Darmanin, a-t-on appris auprès de participants. A l’issue de cette réunion, le ministre de l’Intérieur a affirmé que les dates de la présidentielle 2022 et celles des élections législatives seraient présentées en Conseil des ministres « dans les prochains jours ».

Le choix était restreint compte tenu des impératifs fixés par la Constitution. Pour la présidentielle, il n’y a que deux couples de dates possibles : 10 avril/24 avril ou 17 avril/1er mai. Même choix contraint pour les législatives : 5 juin/12 juin ou 12 juin/19 juin. Une majorité s’est dégagée pour un premier tour des législatives le 12 juin et un second tour le 19 juin. Le 10 avril, seule la zone B sera en vacances scolaires. Le 24 avril, toutes les zones, A, B et C, seront en congé.

« Que des mauvais choix »

Léa Balage (EELV) a fait valoir auprès de l’AFP qu’il « n’y avait que des mauvais choix » pour la présidentielle : 10 avril et 24 avril n’est « pas une bonne solution en raison des vacances scolaires », mais le 17 avril et 1er mai n’est pas « une bonne option non plus ». « On prend la moins pire », a-t-elle expliqué, soit « les 10 et 24 avril ».

Selon le député PS David Habib, « il y a eu unanimité des participants pour la présidentielle les 10 et 24 avril, sauf le RN et LFI qui voulaient plus de temps de campagne » et des législatives les 12 et 19 juin « car il n’y a pas de jour férié dedans ». Le numéro deux du RN Jordan Bardella a affirmé qu'« entre deux mauvaises solutions », il penchait pour la deuxième, 17 avril et 1er mai.

Crainte de l’abstention

La solution des 10 et 24 avril « tombe assez tôt » dans le calendrier au risque de « raccourcir la campagne électorale », et elle « nous avantage un peu moins » puisque les deux dates correspondent aux vacances scolaires de deux « zones de force électorale (pour le RN), la Paca et les Hauts-de-France », a déploré l’eurodéputé.

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a affirmé sur Twitter que sa « préférence » allait à la première solution. Le délégué général d’En Marche, Stanilas Guerini, a jugé la réunion « assez consensuelle » hormis « aux deux extrémités » (RN et LFI). Avec les vacances, « il n’y avait pas de dates idéales. Maintenant il y a des contraintes constitutionnelles évidentes. L’argument qui l’a emporté était d’éviter le premier mai, un jour de cortèges », a-t-il dit. Pour l’abstention, une élection pendant les vacances « est un petit obstacle supplémentaire, mais on aurait tort de réduire l’abstention à des questions de dates ».

Selon le baromètre (*) Harris Interactive pour Challenges, publié mi-mai, Emmanuel Macron (25 %) et Marine le Pen (27 %) sont au coude à coude au premier tour. Le chef de l’Etat reste favori au second, mais l’écart se resserre, à six points (53 %-47 %).