Européennes: la circonscription sud-ouest, symbole du délicat exercice de la composition des listes européennes

POLITIQUE Les élus de Midi-Pyrénées squattent les postes éligibles à l'UMP, au PS, chez les écologistes...

Emile Josselin

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Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux, le 29 février 2008.
Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux, le 29 février 2008. — R. DUVIGNAU / REUTERS

Qu'on se le dise, Alain Juppé n'est «pas du tout content de ce qui prépare dans la grande circonscription du sud-ouest». Il l'a affirmé mercredi soir lors d'un colloque organisé à l'Assemblée nationale par l'association du député villepiniste Hervé Mariton. «Je l'ai déjà dit à qui de droit et je le dirai quand il le faut», a précisé l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, sans dire nommément à qui il avait confié son mécontentement.

Objet de sa colère : aucun représentant de la région Aquitaine ne figure en bonne place sur la liste de l’UMP. Dans la circonscription sud-ouest, c'est l'ancien ministre Dominique Baudis - implanté à Toulouse (région Midi-Pyrénées) – qui mènera la liste UMP. En numéro deux, on retrouvera Christine de Veyrac, elle aussi toulousaine. Conséquence : l'eurodéputé sortant Alain Lamassoure (région Aquitaine), élu depuis 1983, se retrouve en troisième position, où il ne sera réélu que si l'UMP fait un bon score.

Avec seulement quelques places éligibles par circonscription, le scrutin européen complique encore plus la confection - déjà ardue - d'une liste: chaque région revendique sa part. Les reproches d'Alain Juppé sonnent comme l'exacte réplique de ceux des socialistes aquitains, qui déplorent l'éviction de Gilles Savary, et l'absence de position éligible pour leur région, où la tête de liste socialiste vient de Toulouse (Kader Arif). La région Aquitaine pourrait donc ne pas avoir d'élu européen, ni PS, ni UMP... ni écologiste. Les deux têtes de la liste Europe Ecologie, menée par José Bové, sont eux aussi originaires de Midi-Pyrénées, ce qui n'a pas été sans provoquer certains remous. Autre candidat dans le Sud-Ouest, Jean-Luc Mélenchon (élu de l’Essonne) a promis une campagne «haute en couleur». Elle a déjà commencé.

Collomb organise la fronde
Au PS, les mécontents sont passés à la vitesse supérieure: Gérard Collomb a ainsi publié sur son blog  une adresse à Martine Aubry, co-signée par d'importants élus et responsables socialistes. On y trouve notamment les présidents des régions Bourgogne, Bretagne, Limousin et Rhône-Alpes, des députés, des premiers secrétaires fédéraux... Ils sont en majorité proches de Ségolène Royal. L'avocat Jean-Pierre Mignard, pilier de Désirs d'avenirs, fait partie des signataires. «Si ces listes étaient maintenues en l'état, nous vous appellons à les rejeter», écrivent-ils.