Marseille : Un an après l’élection du Printemps marseillais, des élus écologistes font groupe à part

CONSEIL MUNICIPAL Six écologistes quittent le groupe du Printemps marseillais et créent un groupe indépendant au sein de la majorité municipale

Caroline Delabroy
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Benoît Payan lors de sa conférence de presse de rentrée en janvier 2021
Benoît Payan lors de sa conférence de presse de rentrée en janvier 2021 — Christophe Simon / AFP
  • Plusieurs élus écologistes ont créé ce lundi un groupe indépendant au conseil municipal de Marseille.
  • Ils réaffirment leur appartenance à la majorité municipale, tout en souhaitant associer les citoyens et « aller plus vite » dans la transformation écologique.

« Ce n’est pas un acte de défiance, l’idée c’est de faire exister la voix des écologistes ». Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille en charge de la Transition écologique, l’assure, il « cherche à faire avancer la ville, pas à créer de dissension ». Reste que l’annonce, ce lundi, de la création d’un « groupe écologiste et citoyen » au sein du conseil municipal fait un peu mauvais genre un an après la victoire du Printemps marseillais aux municipales, mettant fin à 25 ans de règne de la droite.

Pour l’occasion, le maire socialiste est revenu sur la reconstruction de la gauche dans une interview à Libération. « On n’avancera jamais si chacun essaie de faire vivre sa chapelle, y énonce-t-il. L’an dernier, nous avons gagné avec le Printemps marseillais parce que nous avons réussi à casser ça. On a proposé quelque chose en commun. Ce n’était pas simplement une addition de logos, nous avons offert une alternative. » C’était sans compter, donc, avec le communiqué de six élus écologistes tombé un peu plus tard dans la matinée, pour « une ville plus juste, plus verte et plus démocratique ».

« On veut aller plus vite, plus fort »

« Il faut lier la transformation écologique de la ville avec la question de la réparation de la ville », explique Sébastien Barles, qui dit en même temps sa volonté de rester dans la majorité municipale, à l’image du groupe « Marseille avant tout » de Samia Ghali. « On veut aller plus vite, plus fort, ajoute-t-il. Quand on se prend aux régionales deux tiers des citoyens qui ne vont pas voter, on voit bien qu’il y a une vraie crise démocratique. On souhaite inventer des dispositifs d’initiatives citoyennes. Dès septembre, on va mettre en place un atelier avant chaque conseil municipal pour recevoir les amendements citoyens ».

L’écologiste, arrivé cinquième à l’issue du premier tour des municipales avec 8,94 % des voix, avait soutenu la candidate du Printemps marseillais, Michèle Rubirola, dans l’entre-deux tours. L’élue, aujourd’hui première adjointe de Marseille, ne fait toutefois pas partie de ce nouveau groupe écologiste. Tout comme Christine Juste, adjointe EELV en charge de l’environnement à la ville de Marseille, qui ne décolère pas d’avoir appris l’information par voie de presse. « C’est un peu le club des "ouin-ouin", un coup de pub pour exister, tranche-t-elle. Depuis un an, il y a un tel boulot à abattre, qu’ils se retroussent les manches ! Ils sont déjà dans 2022. »

« Les difficultés commencent »

« Pour une seule majorité, avoir déjà trois groupes, les difficultés commencent », ironise Catherine Pila, cheffe du groupe d’opposition LR au conseil municipal. « Les élections locales étant passées, chacun veut reprendre son indépendance en termes de valeur et de prise de parole, continue-t-elle. Cela confirme que cet attelage est hétéroclite, que la majorité municipale est en train de se fissurer. »

« On est 53 élus, on imagine mal que ce groupe écologiste vote contre un budget, ce serait irresponsable », temporise de son côté, Christine Juste. De même, elle n’imagine pas le maire retirer les délégations aux frondeurs : « Je ne le vois pas commencer à s’attaquer à la hache, même pas un an après l’élection. » L’apéro prévu ce lundi soir pour fêter l’entrée dans les murs de l’hôtel de ville aura toutefois une saveur inattendue. Tout comme, sans doute, le conseil municipal de vendredi prochain.