Gérard Collomb évoque une «fronde» contre les «listes ubuesques» désignées par le PS pour les européennes

POLITIQUE Entre autres, la fédération de Gironde, qui a décidé de ne pas organiser de vote...

E.J.

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La politique d'ouverture à gauche du président Nicolas Sarkozy, "c'est bien joué", estime lundi dans un entretien au Figaro Gérard Collomb, maire PS de Lyon, qui demande aux dirigeants de son parti de "réfléchir à une rénovation en profondeur du PS, aujourd'hui indispensable".
La politique d'ouverture à gauche du président Nicolas Sarkozy, "c'est bien joué", estime lundi dans un entretien au Figaro Gérard Collomb, maire PS de Lyon, qui demande aux dirigeants de son parti de "réfléchir à une rénovation en profondeur du PS, aujourd'hui indispensable". — Jean-Pierre Clatot AFP/Archives
Le temps qui passe n'a pas apaisé la colère  de Gérard Collomb. Interviewé sur Canal + ce mardi matin, le maire de Lyon a redit tout le mal qu'il pensait des listes composées par le PS aux européennes. Et notamment de Vincent Peillon: «Un bon candidat pour les six personnes qui l'ont désigné, pour les autres, je suis plus dubitatif.» Elu dans le Nord en 2004, Peillon a été parachuté dans le Sud-est à la place d'un protégé de Collomb, qui ne l'a pas digéré.

Mais le mouvement de protestation est plus vaste que cela: ce mardi matin, la fédération de Gironde, une des plus importantes du parti, a annoncé  qu'elle n'organiserait pas le vote prévu le 12 mars pour approuver les listes. L'objet de leur colère? L'éviction des listes de Gilles Savary, député sortant, et accessoirement, la non-représentation de la région Aquitaine dans les trois premières places de la liste. Dans un communiqué, le chef de file des socialistes girondins, Ludovic Freygefond, dénonce des «combines d'appareil d'un autre âge».

Et Gérard Collomb de préciser que le président PS de la région Bourgogne, François Patriat, «est en train de monter au créneau». «Dans toutes les régions, une fronde est en train de s'organiser parce que les listes sont ubuesques et donc ne feront pas de bons résultats», a affirmé le maire de Lyon, qui avait soutenu Ségolène Royal au congrès de Reims. Il a dénoncé le «système actuel où une dizaine de personnes se réunissent pendant une nuit et un jour et où à la fin, émerge une liste improbable».

Un certains nombre de voix s'étaient déjà exprimées lundi pour critiquer vivement la composition des listes aux européennes, qui doivent être soumises aux militants le 12 mars. Tout en reconnaissant des «grincements» dans «un, deux ou trois départements», le porte-parole du PS Benoît Hamon a rappellé que «les listes ont été adoptées à près de 90% du Conseil national». Interrogé par 20minutes.fr à l'Assemblée nationale, Pierre Moscovici a jugé qu'«il est toujours difficile de faire des listes pour les européennes, ce qui se passe, il ne faut pas y voir quelque chose de dramatique, on va pas en faire un fromage. Et puis, la géographie, c’est compliqué!».