Régionales : « Bertrand, c’est un bulldozer »... Au QG les Républicains, le match de la droite pour la présidentielle déjà dans toutes les têtes

REPORTAGE La droite est sortie renforcée dimanche du scrutin en conservant ses sept régions, mais la bataille pour la présidentielle est déjà dans toutes les têtes

Thibaut Le Gal
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Christian Jacob, le président LR, au QG à Paris.
Christian Jacob, le président LR, au QG à Paris. — TLG/20minutes
  • La droite est sortie renforcée dimanche du scrutin en conservant ses sept régions, avec des scores souvent très larges.
  • Au QG du parti, à Paris, on salue le travail du président Christian Jacob.
  • Après les victoires de Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, la bataille de la droite pour la présidentielle est lancée.

« La presse, vous avez déjà des résultats ? » A 19h45, l’inquiétude grandit au QG national des Républicains, dans le 15e arrondissement de Paris. Gérard, militant de 75 ans, évoque l’abstention vertigineuse (autour de 65 %) au second tour des régionales ce dimanche – « certains ont préféré aller à la pêche » – et disserte sur les « belles années » de la droite. « Il n’y a plus de capitaine aujourd’hui… Plus depuis Nicolas Sarkozy, voire Jacques Chirac… Pierre Messmer vous connaissez ? » Pas le temps d’évoquer nos (très rares) connaissances sur le Premier ministre de Pompidou, l’agitation gagne la salle. Il est 20 heures, la petite cinquantaine de militants a les yeux rivés sur les deux télés au bout de la pièce.

Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur… Sur les écrans, sept régions sur treize s’affichent en bleu. La droite garde ses bastions et les consolide, avec des scores souvent très larges. Des « bravo ! » accompagnent les photos de chaque vainqueur. « C’est une super soirée. Il fallait écraser Le Pen et la gauche, c’est fait, c’est le principal », souffle Edith, oubliant presque les cinq régions conservées aussi par le Parti socialiste. « Christian Jacob, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais il faut dire qu’il fait du bon travail », ajoute la militante. Sur le plateau de France 2, le président du parti tout sourire évoque les bons résultats du soir.

Le match des prétendants pour 2022 déjà lancé

Le silence gagne la salle. A l’écran, Xavier Bertrand prend la parole le premier, après sa victoire écrasante dans le nord du pays (avec 52 à 53 % des voix). « Le Rassemblement national a été arrêté et nous l’avons fait reculer », dit-il. « Ce résultat me donne la force d’aller à la rencontre de tous les Français pour redresser notre pays », ajoute le désormais candidat à la présidentielle. Edith reprend : « C’est un ambitieux Bertrand, un bulldozer. Ca fait des années qu’il vise l’Elysée, mais faut qu’il fasse attention. Bertrand c’est le lièvre de La Fontaine, il est parti très vite, mais la tortue peut l’emporter. D’autres chez LR pourraient le battre sur la fin ».

Tous les résultats commune par commune

D’ailleurs, dans la foulée, Laurent Wauquiez puis Valérie Pécresse, réélus en Auvergne-Rhône-Alpes et en Ile-de-France prennent la parole. Les deux soulignent aussi qu’ils ont fait reculer le parti de Marine Le Pen, comme pour ne pas laisser un seul mètre d’avance à leur collègue des Hauts-de-France. « Chacun va essayer de jouer sa carte, et ils auraient tort de ne pas le faire. Mais l’objectif c’est d’avoir une droite commune, c’est la volonté du parti et des militants. Sinon, tout le monde sera perdant. Mais je fais confiance à Jacob pour la suite », assure Victor, 26 ans.

« Ça ouvre de belles perspectives pour la présidentielle »

Voilà justement le Chiraquien qui arrive, en chair et en os cette fois, sous les vivats des militants. « Pour nous ce soir, c’est une vraie soirée de fête, qui en prépare d’autres, j’en suis sûr », lance Christian Jacob. « Ça ouvre de belles perspectives pour la présidentielle. Il faudra les préparer avec le même sérieux. Prendre le temps du travail de fond, de se rassembler. Et au mois de novembre, il devra y avoir un seul candidat de notre famille politique. C’est comme ça qu’on gagnera. On le fera pas dans la précipitation, mais selon le calendrier établi », prévient le patron de la droite. Le parti va lancer des sondages pour tenter de dégager un candidat en novembre. Une option qui laisse dubitatif certains militants présents.

« Y’a trois favoris, mais aussi d’autres possibles comme François Baroin ou Michel Barnier. Ça fait beaucoup de monde au portillon, or il n’y a qu’un siège et personne ne fait l’unanimité. C’est pour ça qu’il faut faire voter les militants », reprend Gérard. Nicole, sa voisine, acquiesce. « Bertrand, il fonce car il n’est pas LR. D’ailleurs il claque la porte de parti et maintenant revient en disant qu’il a besoin de nous ? C’est un peu facile. C’est à nous de choisir, aux adhérents, pas à deux trois personnes en coulisse. »