Les désignations aux européennes rallument le feu au PS

POLITIQUE Des partisans de Royal à ceux de Hollande...

Emile Josselin

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Le Conseil national du Parti socialiste a approuvé samedi à une très large majorité les listes pour les Européennes du 7 juin, un quasi consensus salué par Martine Aubry, pour qui les socialistes sont "rassemblés face aux Français" et "unis sur la question européenne".
Le Conseil national du Parti socialiste a approuvé samedi à une très large majorité les listes pour les Européennes du 7 juin, un quasi consensus salué par Martine Aubry, pour qui les socialistes sont "rassemblés face aux Français" et "unis sur la question européenne". — Medhi Fedouach AFP

Cela devait forcément arriver. Plusieurs centaines de candidats pour 142 places, dont à peine un vingtaine en position éligible: le PS s'offre un regain de tension à l'occasion de la composition des listes pour les élections européennes. Retour sur les conséquences de la désignation des candidats.

Tension au sein du courant Royal.
Tout part du souhait de Martine Aubry de récompenser l'un de ses proches, le patron des socialistes du Nord Gilles Pargneaux, propulsé tête de liste. S'il ne veut pas disparaître des listes, Vincent Peillon doit donc se trouver un autre point de chute. Ce sera finalement le Sud-est, malgré le souhait de Gérard Collomb, maire de Lyon, d'y placer Thierry Philipp. Furieux, Colomb évoque à la fin du Conseil national une «parodie de démocratie» comme au «comité central du PC d'URSS». Vincent Peillon évoquera un parachutage en forme de «crève-coeur» dimanche, avant de faire machine arrière dans les colonnes de La Provence lundi.

Hollande et Moscovici lâchent Delanoë.
Le mariage de raison entre les trois hommes, noué au congrès de Reims, n'aura pas résisté longtemps. Pierre Moscovici a annoncé qu'il reprenait sa liberté, non sans lacher quelques critiques vis-à-vis des partisans de Delanoë, accusés d' «agir à leur bénéfice exclusif». En clair: d'avoir trusté les investitures au profit des proches du maire de Paris. Le député du Doubs va donc tenter de structurer son courant, «Besoin de gauche», né de la contribution déposée au Congrès du Mans. C'est le même diagnostic qui pousse François Hollande à réunir ses proches mardi matin, révèle l'«Express». Lui aussi reprend sa liberté, autour de son association.

Dans le sud-est, le cas Filipetti met le feu en Bourgogne. C'est le cas qui a fait grincer le plus de dents. Aurélie Filipetti, élue en 2007 à l'Assemblée nationale, renonce à son mandat de députée pour faire campagne aux élections européennes. Habituellement, ce sont plutôt les députés européens qui délaissent leur siège pour retrouver l'assemblée nationale: Pierre Moscovici est ainsi revenu au Palais Bourbon à la faveur de sa victoire dans le Doubs aux législatives 2007. Aurélie Filipetti explique sa décision sur son blog: elle craint que sa circonscription ne soit visée par un redécoupage électoral défavorable à la gauche.

Pour protester, la vice-présidente de la région Bourgogne, Safia Otokoré, qui figurait en 9e position, s'est retirée de la liste pour manifester son mécontentement, tout comme le député sortant Pierre Pribetich. Celui-ci fustige la présence en numéro deux sur la liste de l'économiste Liem Hoang Ngoc, «un illustre inconnu travaillant sur Paris», tandis que Safia Otokoré dénonce es méthodes «inacceptables» d'Arnaud Montebourg, patron des socialistes de Saône-et-Loire. Lundi soir, le président de région, François Patriat, a même demandé aux militants de refuser de voter la liste aux européennes. Déjà dimanche, deux autres candidats avaient refusé de figurer sur la liste pour marquer leur désaccord.

Le parachutage de Henri Weber dans la région Centre.
L'eurodéputé fabiusien, élu dans le Nord, a été parachuté dans le Centre en 2009. L'opération a fait une victime: le président de la région Limousin, Jean-Paul Denanot, proche de Bertrand Delanoë. L'Auvergne, où les fabiusiens sont plutôt en position de force, soutiendra Henri Weber.

Des partisans de Marie-Noëlle Lienemann ont également adressé une lettre de protestation à Benoît Hamon. L'ancienne ministre et députée sortante, qui a soutenu Hamon au congrès, a disparu des listes. Les militants doivent valider les listes le 12 mars.