Régionales en Paca : « Je ne suis pas confiant, mais je pense qu’on peut gagner » , Thierry Mariani tente de s’imposer en « alternative » de Muselier

RASSEMBLEMENT NATIONAL Arrivé en tête au premier tour, le candidat RN aux régionales en Paca Thierry Mariani cherche à se poser en « alternative » au front républicain

Mathilde Ceilles

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Thierry Mariani en campagne à Aix-en-Provence
Thierry Mariani en campagne à Aix-en-Provence — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Ce lundi, Jean-Laurent Félizia, le candidat de gauche aux élections régionales, s’est retiré au profit de Renaud Muselier.
  • En face, Thierry Mariani se pose donc en alternative au président sortant.
  • Le candidat RN s’inquiète toutefois de l’abstention et n’affiche pas une sérénité totale, malgré sa première place au premier tour.

« Et surtout, dites aux gens autour de vous d’aller voter ! » La phrase est répétée à presque chacun des Aixois à qui Thierry Mariani tend son tract, sur le marché du cours Mirabeau, en ce mardi matin. Dimanche soir, à l’issue du premier tour, Thierry Mariani avait ironiquement remercié Jean-Laurent Félizia, le candidat de la gauche aux élections régionales en Paca, de se maintenir. Mais depuis, l’écologiste a jeté l’éponge, et annoncé son intention de voter pour le principal adversaire du candidat RN, le président LR sortant Renaud Muselier. Un duel qui rebat forcément les cartes, alors que les deux anciens compagnons de route sont à quelques points d’écart.

« Même configuration que Louis Aliot »

Dans ce nouveau scénario, Thierry Mariani tente de casser ce barrage qui se construit devant lui, tout en alimentant son moulin anti-système : « Le schéma devient de plus en plus clair, estime-t-il. Après avoir rallié les amis de Monsieur Macron au premier tour, maintenant on a une liste qui a le soutien des socialistes, des communistes, d’En Marche. La liste de Renaud Muselier est celle soutenue par Matignon, et par tous les appareils des partis ! Nous sommes l’alternative, et si les électeurs ne votent pas pour nous, rien ne changera. »

Et de citer le cas perpignanais comme une possibilité de réussite pour le RN face au front républicain.  « Je regardais les résultats de Louis Aliot, à Perpignan, avance Thierry Mariani. On est exactement dans la même configuration. Il y a un candidat de droite qui a réussi à agglomérer tous les soutiens les plus contradictoires derrière lui, une grosse réserve d’électeurs qui ne sont pas allés voter au premier tour et un score qui est même un peu plus important que ce qu’avait Louis. Donc tout est possible. »

« Je ne suis devant que de quatre points et demi »

Car ce qui préoccupe le plus l’ancien maire de Valréas n’est pas tant l’alliance de ses adversaires contre lui que ses propres soutiens quelque peu démobilisés. Celui qui était annoncé grand favori pour ses régionales a fait face pour ce premier tour à une abstention massive de son électorat. « On en a vu beaucoup lundi qui se disait qu’avec les sondages, ils pensaient que c’était gagné », regrette Thierry Mariani.

Aussi, la sérénité ne semble plus de mise, malgré la pole position décrochée par le RN. « Je ne suis pas confiant, mais je sais qu’on peut gagner, reconnaît Thierry Mariani. Je ne suis devant que de quatre points et demi. Vous savez, j’étais confiant quand je soutenais François Fillon en janvier ! Et puis, il y a eu des événements. Une campagne, ça se gagne jusqu’à la dernière minute. » Et de confier à la dérobée : « Il reste cinq jours. Qu’est-ce que tu veux faire ? »