Régionales en Paca : « La stratégie de Renaud Muselier a été payante », analyse la politologue Virginie Martin

POLITIQUE En créant la surprise avec un écart plus faible que prévu avec la tête de liste RN, le candidat LR prouve, pour certains, que sa ligne était la bonne

Caroline Delabroy

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Renaud Muselier
Renaud Muselier — CHAMUSSY/SIPA
  • Le président sortant LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a déjoué les sondages en obtenant un score proche du candidat du RN, Thierry Mariani.
  • Renaud Muselier avait imposé à LR l’ouverture des listes à LREM et une ligne claire anti-frontiste face à la droite populaire.
  • Le second tour sera finalement un duel, après le retrait de la liste d’union de la gauche.

« Il est serein, très combatif ». Avant même que l’écologiste Jean-Laurent Félizia ne retire finalement sa liste d’union de la gauche, l’équipe de Renaud Muselier (LR) décrit ainsi l’état d’esprit du candidat. Arrivé deuxième derrière le RN Thierry Mariani au premier tour des régionales en Paca, avec 31,9 % des voix, le président sortant de la région est reparti en campagne, tout comme son adversaire. Ce mardi, il doit tenir le soir un meeting à Toulon. Le matin même, il sera à Avignon pour rencontrer Olivier Py, le directeur du festival, et distribuer des tests anti-Covid aux techniciens du spectacle. L’occasion, pour lui, de rendosser le rôle de gestionnaire de la crise sanitaire.

« C’est une campagne qui a donné la primeur aux sortants », commente la politologue Virginie Martin pour qui l’élection en Paca revêt surtout un autre enseignement : « La stratégie de tourner le dos au RN et d’ouvrir à La République en marche est payante, il a prouvé que les Ciotti, les Falco avaient tort. C’est au fond la posture de Xavier Bertrand. Alors qu’il a été seul contre tous, Muselier a prouvé qu’il était le patron des Républicains en Paca. »

Remobiliser les abstentionnistes

« Le calcul était bon », estime aussi Christèle Lagier, maîtresse de conférences de science politique à l'université d'Avignon. « Avec ce premier tour, Muselier a une forme de crédibilité. La droite républicaine a bien résisté, elle peut être en capacité de vaincre le RN, avec l’alliance avec les écologistes de centre droit et le report de voix des électeurs de gauche. Il y a un enjeu de remobilisation de l’électorat. »

« Le RN a deux types de réserves de voix, celles de Debout la France et un sursaut de participation, l’abstention ayant été plutôt en défaveur du RN », affirme de son côté Virginie Martin. Et si la triangulaire obscurcissait le tableau, la perspective d’un duel le clarifie.

« Il faut convaincre les abstentionnistes, on ne peut pas se permettre d’être la seule région de France à passer à l’extrême droite, lance François de Canson, tête de la liste Renaud Museilier dans le Var. On a vu les ravages à Toulon, il a fallu deux mandats pour relancer la ville ». Toulon qui, décidément, est la terre où les deux frères ennemis de la droite régionale vont plus que jamais s’affronter.