Régionales : Bertrand, Wauquiez, Pécresse… A droite, le match des présidentiables

ELECTIONS Le scrutin de dimanche aura un impact sur l'avenir des trois présidents de région sortants, qui ont des ambitions pour la présidentielle 2022

Thibaut Le Gal
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Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.
Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. — Photomontage PHILIPPE HUGUEN/AFP/ALLILI MOURAD/SIPA
  • A droite, les élections régionales, dont le premier tour a lieu ce dimanche, auront des répercussions au niveau national.
  • Trois présidents sortants, Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) et Valérie Pécresse (Ile-de-France), ont plus ou moins affiché leurs ambitions pour la présidentielle 2022.
  • On vous résume les forces et faiblesses des trois candidats pour ce dernier match de préparation avant 2022.

La droite joue gros pour ces régionales. Les Républicains et leurs alliés (centristes et ex-LR) espèrent garder dans leur sacoche les sept régions aujourd’hui détenues en métropole. Après des municipales encourageantes, et malgré les bisbilles internes, le parti de Christian Jacob souhaite conforter son implantation locale lors des scrutins des 20 et 27 juin prochains. La droite espère aussi y voir plus clair en vue de la présidentielle.

Alors que le processus de désignation a été reporté à la rentrée, le scrutin pourrait redistribuer les cartes pour 2022. Trois présidents sortants ont plus ou moins affiché leurs ambitions nationales :  Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, Valérie Pécresse en Ile-de-France, et Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes. L’occasion de faire le match entre les trois prétendants.

Xavier Bertrand, question de vie ou de mort politique

Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France

Son ambition pour 2022 : « Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt », disait Xavier Bertrand à 20 Minutes dès le mois d'octobre dernier. Le président des Hauts-de-France a très vite indiqué son envie d’être candidat à la présidentielle. Retranché sur son territoire depuis son départ des Républicains fin 2017, l’ancien ministre espère faire de sa réélection un marchepied vers l’Elysée. Mais il a également prévenu qu’il quitterait la politique en cas d’échec : « Si je ne réussis pas à convaincre 6 millions de personnes, je ne tenterai pas d’en convaincre 67 millions. »

Ses chances pour les régionales : Le président sortant est en tête des intentions de vote (34 %), mais le match s’annonce tendu avec le RN Sébastien Chenu (32 %). Malgré l’union de la gauche, la candidature de Karima Delli paraît un peu loin du duo de tête (17-20 %) et la liste de la majorité présidentielle portée par Laurent Pietraszewski, semble, elle, distancée (10-12 %). En cas de quadrangulaire, Xavier Bertrand serait menacé par le candidat RN, alors qu’il a indiqué qu’il ne négocierait pas dans l’entre-deux tours avec LREM.

Son poids au sein de la droite : Un temps snobée par son ancien parti, l’hypothèse Xavier Bertrand a pris du poids ces derniers mois, notamment après le renoncement (jamais officialisé) de François Baroin pour 2022. Soutenu par de nombreux cadres LR, c’est aussi lui qui obtient les meilleurs scores dans les sondages à un an de la présidentielle. Le patron Christian Jacob sera d’ailleurs aux côtés du candidat jeudi, dans la dernière ligne droite avant le premier tour.

Le truc en plus : A droite, « c’est celui qui a le plus faim », avait dit Rachida Dati, concernant ses ambitions.

Valérie Pécresse, une ambition en toute discrétion

Valérie Pecresse est la présidente de la région Île-de-France depuis 2015.

Son ambition pour 2022 : Contrairement à son collègue du Nord, Valérie Pécresse n’est pas officiellement candidate à la présidentielle. Mais la présidente d’Ile-de-France, qui a quitté LR en 2019 pour fonder son mouvement Libres !, multiplie les indices. « Je suis à 100 % concentrée sur la région. Mais ce que je veux pour l’Île-de-France, je le veux évidemment aussi pour le pays », dit-elle à Challenges. En cas d’échec aux prochaines régionales, elle a annoncé qu’elle quitterait également la vie politique.

Ses chances pour les régionales : Valérie Pécresse caracole en tête des sondages, avec plus de 15 points d’avance sur le numéro 2 du RN, Jordan Bardella et plus de 20 sur le marcheur Laurent Saint-Martin, et les trois candidatures de gauche, Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV). La présidente sortante est donnée gagnante au second tour même en cas d’union de la gauche.

Son poids au sein de la droite : Depuis qu’elle a quitté LR, en juin 2019, Valérie Pécresse s’est recentrée sur sa région, et semble disposer de moins de soutiens que Xavier Bertrand dans son ancienne famille. Mais le chef de LR, Christian Jacob, l’accueillera dans son fief de Provins (Seine-et-Marne) mercredi pour un meeting. Une marque de soutien appuyé.

Son truc en plus : Le soutien du chanteur Maître Gims pour les régionales.

Laurent Wauquiez, pour effacer les démons du passé

Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône est pressenti pour être candidat à sa propre succession.

Son ambition pour 2022 : Depuis la claque reçue aux européennes alors qu’il était président de LR, Laurent Wauquiez a mis son ambition élyséenne en sourdine. Mais le président d’Auvergne-Rhône-Alpes laisse ses soutiens entretenir le mystère sur ses envies. « Je ne vais pas être spectateur, assure-t-il. Je vais m’engager », disait-il en mars au JDD, plaidant pour une primaire. A laquelle il participera ?

Ses chances pour les régionales : Comme Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez semble en bonne voie pour rempiler dans son fief. Il est donné largement vainqueur face à la liste RN d’Andréa Kotarac (+15 points) et à plus de 20 points du député macroniste Bruno Bonnell, qui pourraient tous deux se maintenir au second tour. Les deux listes de gauche sont à la peine, autour des 10 %. Il l’emporterait au second tour dans toutes les situations.

Son poids au sein de la droite : Forcé de lâcher son trône après les européennes, Laurent Wauquiez a fait le dos rond et continue de rencontrer des cadres du mouvement. L’ancien président garde des soutiens de poids, comme le sarkozyste Brice Hortefeux, et espère avoir gardé la cote auprès des militants, qui l’avaient élu triomphalement à 75 % des voix fin 2017.

Son truc en plus : Il l’a confié au JDD : « J’ai conscience de m’être caricaturé moi-même. »

Retrouvez les résultats des élections régionales le dimanche 20 juin dès 20H sur 20minutes.fr