Justice : Jean-Luc Mélenchon ne veut pas porter plainte contre l’homme qui l’a enfariné

AGRESSION Pour leader de la France insoumise, c’est « à l’Etat, de dire s’il considère que c’est un problème qu’on ne puisse pas manifester sans être agressé »

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon enfariné le 12 juin 2021 à Paris lors de la manifestation pour les libertés et contre les idées d’extrême droite.
Jean-Luc Mélenchon enfariné le 12 juin 2021 à Paris lors de la manifestation pour les libertés et contre les idées d’extrême droite. — ISA HARSIN/SIPA

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas s’impliquer personnellement dans les conséquences judiciaires de son enfarinage. Le leader de la France insoumise a en effet indiqué dimanche qu’il ne souhaitait pas porter plainte contre la personne qui l’a arrosé de farine samedi, tout en prévenant qu’on allait vers une campagne 2022 « sale et violente ».

Le candidat à la présidentielle a reçu un jet de farine au départ d’une manifestation contre l'extrême droite​ à Paris, alors qu’il répondait à la presse. Avec un complice, l’auteur présumé, animateur d’une chaîne YouTube politique de droite radicale doit être jugé le 7 juillet. « C’est une agression contre un droit constitutionnel, celui de manifester. C’est la raison pour laquelle je ne veux pas porter plainte. J’estime que c’est au procureur de la République, c’est-à-dire à l’Etat, de dire s’il considère que c’est un problème qu’on ne puisse pas manifester sans être agressé », a-t-il déclaré à LCI.

La balle renvoyée au ministre de la Justice

« Si le procureur estime que tout ça n’a pas d’importance (…) le garde des Sceaux en assumera la responsabilité », a assuré Jean-Luc Mélenchon. « Qu’est-ce qui aurait pu m’arriver d’autre ? Et bien lundi de cette semaine, nous avons vu une vidéo dans laquelle quelqu’un portait neuf coups de fusils sur un mannequin, quatorze coups de couteau en disant les électeurs insoumis, les électeurs de M. Mélenchon, ne sont pas à l’abri », a-t-il rappelé.

Cette semaine, la gifle contre le président de la République, l'enfarinage de François de Rugy (LREM) comme celui qu’il a subi, « ça raconte l’histoire de la montée progressive de l’extrême droite dans ce qui a toujours été sa tactique et sa manière de faire », selon lui. « Pourquoi y a-t-il ce déni de cette forme de violence-là ? Pourquoi quand il s’agit du terrorisme islamiste on en entend parler pendant des heures et dès qu’il s’agit des attentats de l’extrême droite, la police internationale dit que c’est un des dangers majeurs en Europe, et on fait comme si ce n’était pas le cas », s’est interrogé le leader de la France insoumise.