Régionales : Abstention, score de LREM, résultats en Paca… Les six choses à scruter au premier tour

ELECTIONS A dix mois de l'élection présidentielle, le résultat des régionales aura aussi de lourdes conséquences à l'échelle nationale

T.L.G.

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Affiche de campagne de Xavier Bertrand.
Affiche de campagne de Xavier Bertrand. — Sarah ALCALAY/SIPA
  • Le premier tour des élections régionales se déroulera le dimanche 20 juin.
  • A dix mois de la présidentielle, le scrutin pourrait donner des enseignements nationaux, à l’heure où chaque camp se prépare pour 2022.
  • C’est le cas notamment en Paca, où l’alliance du sortant LR Renaud Muselier avec les marcheurs a suscité une vive polémique à droite.

Les Français sont appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour des régionales. Un scrutin décisif, qui aura de lourdes conséquences à l’échelle nationale, à moins de dix mois de la présidentielle 2022. Scores des ministres candidats, divisions de la gauche en Ile-de-France, situation explosive en Provence-Alpes-Côte d’Azur, abstention record envisagée… On a sélectionné six infos à scruter au soir du premier tour.

  • Vers un record d’abstention ?

C’est le premier chiffre connu et analysé les soirs d’élection. Lors des précédentes élections régionales, le taux d’abstention s’était élevé à 50,09% au premier tour. Le spectre d’une désaffection des urnes encore plus massive plane pour ce scrutin, dans un contexte d’épidémie de coronavirus. Car le virus a empêché les candidats de mener une campagne classique en raison des restrictions sanitaires, et entraîné le report de l’élection à la fin du mois de juin, en plein Euro de football, et à quelques jours du début des vacances scolaires. Certains craignent ainsi que le record d'abstention de 2010 (à 53,67 %) ne soit battu.

  • Après la cacophonie, quel score pour l’alliance LR-LREM en Paca ?

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur sera particulièrement observée dimanche soir. Parce que l’alliance annoncée par le sortant LR Renaud Muselier et La République en marche a provoqué une crise politique au sein du parti de droite. Quel impact cet accord scellé avec les marcheurs aura-t-il auprès des électeurs ? Dans les sondages, la stratégie de barrage au Rassemblement national semble échouer : son candidat, Thierry Mariani, virerait en tête au premier tour avec 41% des voix devant le président sortant (34 %). L’ancien ministre de Sarkozy passé au RN est même donné vainqueur au second tour « dans tous les cas de figure », selon le même sondage de l’institut Ipsos-Sopra Steria.

  • Dans combien de régions le RN sera-t-il en tête ?

Là encore, il ne s’agit que d’enquêtes d’opinion, mais toutes s’accordent sur une percée du Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen est donné en tête en Paca, mais aussi en Bourgogne-France-Comté, en Centre-Val-de-Loire, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Même en Bretagne, sur des terres peu favorables au parti, Gilles Pennelle arriverait en tête (20 %), devant le président sortant PS Loïg Chesnais-Girard et Thierry Burlot (LREM), tous deux à 19 %. « Les vagues de la région Paca se font ressentir jusqu’ici comme ailleurs, car beaucoup à droite n’ont pas accepté cet accord LR-LREM », dit à 20 Minutes le candidat RN. Dès dimanche soir, les poussées du RN pourraient entraîner, comme en 2015, la constitution de « fronts républicains » de la part des autres partis.

  • Quel score pour LREM dans les Hauts-de-France ?

Dans les Hauts-de-France, ça s’annonce très tendu. Le président sortant Xavier Bertrand espère une réélection pour lancer sa candidature à la présidentielle 2022. En cas d’échec, il a déjà annoncé qu’il se retirerait de la vie politique. Aux coudes à coudes avec le candidat RN Sébastien Chenu, le sort de l’ancien ministre pourrait dépendre… du score de la liste LREM. Annoncée autour des 10%, la candidature du secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski dépassera-t-elle ce seuil fatidique pour se maintenir au second tour ? En cas d’échec, la triangulaire pourrait permettre à Xavier Bertrand de l’emporter face au RN et à la liste d’union de la gauche de Karima Delli. Mais en cas de quadrangulaire, le sort du président sortant, et rival d’Emmanuel Macron, pourrait dépendre du maintien ou non de la liste présidentielle.

  • Qui sera en tête en Ile-de-France à gauche ?

La région parisienne révèle les fractures de la gauche à l’échelle nationale. La gauche, qui a perdu la région en 2015 au profit de Valérie Pécresse,se divise en trois candidatures principales en Ile-de-France. Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV) sont dans un mouchoir de poche dans les sondages, autour de 10 %. L’objectif de chacun des trois ? Eviter l’humiliation d’une élimination dès le premier tour et arriver devant les deux autres pour prendre le leadership de l’union de la gauche face à la présidente sortante au second. Le résultat sera particulièrement scruté par les états-majors des trois formations, à l’heure où chaque camp se prépare, là aussi, pour la présidentielle.

  • Quel score pour les ministres ?

Emmanuel Macron a décidé d’envoyer une bonne partie de son gouvernement prendre l’air de la campagne. Pas moins d’une quinzaine de ministres ou secrétaires d’Etat sont candidats de manière plus ou moins symboliques. Le gros du quarteron a été envoyé dans le Nord de la France pour contrer le RN, et affaiblir le rival potentiel à la présidentielle Xavier Bertrand. Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin épaulent ainsi leur collègue Laurent Pietraszewski (Retraites), tout comme Alain Griset (PME) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie).

En Ile-de-France, Marlène Schiappa a été envoyée à Paris pour dynamiser la timide campagne de Laurent Saint-Martin. D’autres membres du gouvernement sont aussi arrivés en renfort en région parisienne, comme le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en dernière position dans les Hauts-de-Seine. Par ailleurs, deux ministres sont têtes de liste de la majorité : les Modem Marc Fesneau en Centre-Val-de-Loire et Geneviève Darrieussecq en Nouvelle-Aquitaine.