Présidentielle 2022 : Arnaud Montebourg dit vouloir « peser » sur l’élection et relance l’hypothèse de sa candidature

CANDIDAT Arnaud Montebourg se dit disponible pour une candidature unique de la gauche (ce qui n’est pas gagné)

20 Minutes avec AFP

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Sans se déclarer candidat, Arnaud Montebourd dit vouloir peser dans l'élection présidentielle 2022.
Sans se déclarer candidat, Arnaud Montebourd dit vouloir peser dans l'élection présidentielle 2022. — PASCAL RODRIGUEZ/SIPA

La (déjà très) longue liste des prétendants possibles à l’élection présidentielle au sein d’une gauche pourrait encore s’allonger. L’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg a relancé cette semaine l’hypothèse de sa candidature en déclarant jeudi sur France Inter qu’il entendait « peser sur les événements » de la présidentielle. Une déclaration qui vient contrebalancer un titre de presse lui attribuant mercredi un « renoncement » définitif à une candidature.

Son entourage avait alors passé la soirée de mercredi à faire le tour des rédactions pour démentir l’information et précisé qu’il ne se déclarait pas candidat, « à ce stade ». « Nous sommes sur le chemin d’une candidature », avait explicité un membre de son entourage.

Arnaud Montebourg part de loin

« Je suis disponible pour cette perspective sérieuse d’une candidature unique, qu’il faut pour peser sur les événements, sinon on sera réduits à des candidatures de témoignage », a estimé Arnaud Montebourg, alors que la gauche connaît pour l’heure une multiplication des candidatures déclarées ou potentielles (Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel).

Mais il reconnaît aussi partir de loin. Sa pré-campagne initiée depuis la fin de 2020 ne lui a pas permis d’accroître sa notoriété dans les sondages, ni d’attirer à lui les soutiens de partis politiques autres que le MRC. Soutiens, argent, mais aussi sondages qui le testent rarement. « Je n’ai pas trouvé les ressources qui peuvent me permettre de le faire, donc en l’état je ne suis pas candidat », dit-il. C’est d’ailleurs la seconde partie de la phrase que le premier secrétaire du PS Olivier Faure a retenue jeudi : « Je ne pense pas utile que nous ayons 5, 10 ou 15 candidats à gauche, dans un moment où cette multiplication des candidatures conduit à la défaite. »

Un « élément nouveau sans être neuf »

A l’inverse, l’entourage de l’ancien ministre du Redressement productif de François Hollande critique « les processus partidaires » d’EELV et du PS menant à des désignations de candidat à la rentrée, une « partition perdante ». L’éventuel soutien de partis « pèse de peu de poids dans la période, Montebourg lui veut construire hors et dans les partis », relativise François Cocq, ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, et intéressé par la démarche.

La candidature d’Arnaud Montebourg suscite l’enthousiasme de toute une ancienne frange de La France insoumise qui l’a quittée à cause des « zig zags » stratégiques de Jean-Luc Mélenchon. « Le prolongement de la campagne de 2017, elle est en réalité chez Arnaud Montebourg », s’exclame François Cocq, pour qui ce dernier est à la fois un « élément nouveau sans être neuf » par son statut d’ancien ministre, précieux à ses yeux pour le crédibiliser.

S’affranchir du vocabulaire de la gauche

Que l’offensive d’Arnaud Montebourg intervienne juste après la polémique causée par Jean-Luc Mélenchon avec ses propos anticipant un « incident grave dans la dernière semaine de la présidentielle » n’est à ce titre pas un hasard. Le candidat malheureux à la primaire socialiste de 2017 a même eu des mots secs pour l’Insoumis, estimant que « Jean-Luc Mélenchon ne sera pas président de la République, tout le monde le sait ». Il serait même « l’élément bloquant à gauche ».

Arnaud Montebourg a par ailleurs dû remiser en partie son intention initiale de s’affranchir du vocabulaire de la gauche. En début d’année, il avait provoqué un certain émoi, même chez ses partisans, avec son appel du pied à la droite souverainiste de Xavier Bertrand et Guillaume Peltier. Jeudi, Arnaud Montebourg a prononcé plusieurs fois le mot « gauche » en l’associant au mot « nous », à la participation des salariés dans les décisions des entreprises et aux « classes populaires » à reconquérir. Il a, cependant, continué de remuer des termes qui risquent de ne pas plaire : « Le pays est à droite sur le régalien, à gauche sur le social et l’économie, il va bien falloir une politique mixte ». Cela veut dire, pour le volet régalien, « contrôler l’immigration » et renoncer « au slogan facile du "Accueillons-les tous" ».