Emmanuel Macron giflé : Le tour de France du président est-il perturbé ?

PRESIDENCE L’Elysée ne veut rien changer au projet de tournée présidentielle pour « aller au contact des Français », mais les images de la gifle ont quelque peu éclipsé le message d’Emmanuel Macron

L.C.

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Emmanuel Macron en déplacement à Valence dans la Drôme le 8 juin 2021.
Emmanuel Macron en déplacement à Valence dans la Drôme le 8 juin 2021. — PHILIPPE DESMAZES / POOL / AFP
  • En déplacement ce mardi à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, Emmanuel Macron a été giflé par un jeune homme alors qu’il faisait un bain de foule.
  • La scène, filmée et diffusée en ligne, a éclipsé le reste de cette visite présidentielle consacrée à la réouverture des restaurants.
  • C’est la deuxième étape d’un tour de France lancé par le chef de l’Etat pour aller au contact des Français, qu’il ne souhaite pas modifier après l’incident drômois.

« Ni banaliser, ni dramatiser. » Emmanuel Macron est revenu devant ses ministres ce mercredi sur la claque qu’il avait reçue la veille à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, selon le porte-parole du gouvernement. Un homme, interpellé le jour même, avait giflé le chef de l’Etat qui venait d’entamer un tour de France pré-estival. Cette tournée lancée la semaine dernière, officiellement pour « prendre le pouls » des Français et accompagner le déconfinement du pays, est-elle écornée par cet incident ?

« Relativiser » rapidement

Le chef de l’Etat a rapidement essayé de minimiser l’incident, appelant dès mardi à « relativiser » cette gifle. « Ne laissons pas des faits isolés, des individus ultraviolents, comme il y en toujours quelques-uns dans les manifestations aussi, prendre possession du débat public : ils ne le méritent pas », a-t-il dit au quotidien Le Dauphiné Libéré. L’Elysée ne souhaite d’ailleurs pas commenter l’épisode, se bornant à rappeler que l’incident n’a pas empêché Emmanuel Macron de continuer à serrer des mains, et qu’il a même refait un bain de foule un peu plus tard dans la journée, à Valence cette fois.

« Le risque zéro n’existe pas pour les déplacements de responsables politiques », juge Francis Chouat, député de l’Essonne et apparenté La République en marche, qui se souvient que son proche, Manuel Valls, avait « été victime du même type d’agression » en 2017. « Il ne faut ni banaliser, ni être paralysé par ce type d’acte, et ne pas donner le sentiment de se laisser impressionner, sinon c’est la République qui vacille », poursuit l’ancien socialiste.

Pas de changement de plan

« Je vais toujours au contact, à portée d’engueulade comme je dis. Et j’y tiens. Les gens m’expriment leur colère, parfois leur désarroi et je suis toujours là », a aussi déclaré le président au quotidien dauphinois. « Je continuerai à aller partout ». Officiellement, il n’y aura donc pas de changement dans cette tournée présidentielle, dont le détail des dates et lieux n’a pas été rendu public, mais qui doit compter une dizaine de déplacements d’ici la mi-juillet. Pas question non plus de renoncer aux bains de foule improvisés, ni de modifier le dispositif de sécurité, d’après nos informations.

En Conseil des ministres ce mercredi, Emmanuel Macron a de nouveau souligné qu’il fallait regarder le geste de cet homme « pour ce qu’il est, un fait isolé d’un individu violent », a évoqué Gabriel Attal, en réaffirmant que l’auteur « ne semble pas être M. tout le monde ». Une manière de ne pas lier cet incident avec un éventuel ras-le-bol plus généralisé des Français. Paradoxalement, un sondage* paru le jour de la gifle crédite le chef de l’Etat de 50 % d’opinions favorables, une cote en nette hausse à moins d’un an de la fin de son mandat.

* Baromètre IFOP Fiducial pour Paris Match et Sud Radio.