Régionales en Paca : Thierry Mariani et le RN y croient fort

ELECTIONS REGIONALES En campagne dans le Var ce vendredi, Thierry Mariani, candidat du RN vire en tête dans les sondages et « s'attend à tous les mauvais coups »

Alexandre Vella

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Thierry Mariani et David Rachline en campagne dans le Var.
Thierry Mariani et David Rachline en campagne dans le Var. — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Donné gagnant d’une courte tête du second tour dans le dernier sondage, Thierry Mariani, candidat RN en Paca, faisait campagne, hier, dans le Var.
  • Cet ancien ministre de Sarkozy, ex-membre des LR, est en train d’opérer une jonction entre électeurs de la droite traditionnelle et du Rassemblement national (RN).
  • Il s’attend à affronter une large coalition au second tour.

Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et candidat du RN et de la Droite populaire aux élections régionales « envisage tout », et surtout la victoire. « Je n’ai jamais été battu aux élections locales dans cette région », se plaît à rappeler l’ancien maire de Valréas (1989-2005), conseiller général du Vaucluse (1988-2001) et conseiller régional Paca (2004-2015). A deux semaines du premier tour des élections régionales, la dynamique électorale semble plaider pour lui, alors que le dernier sondage en date le donne gagnant d’une courte tête dans l’hypothèse très probable d’un second tour face à Renaud Muselier, actuel président et candidat soutenu par LR. « On a pris douze points depuis le début de la campagne », sourit Thierry Mariani sur le marché estival de La Capte, au bout de la presqu’île d’Hyères.

En campagne dans le Var ce vendredi, d’abord à Toulon lors d’une conférence de presse énonçant leur plan de relance économique puis au cours d’une opération de tractage au marché, les troupes du RN et sa tête de liste ont pu goûter à un accueil majoritairement sympathique et quelques refus courtois. Accompagné notamment de David Rachline, maire de Fréjus et tête de liste dans le Var pour les élections régionales, Thierry Mariani distribue les bons mots au milieu des chalands. Entre une part de pissaladière et un toast de tapenade rouge offerts, le candidat RN ne s’emballe pour autant.

« Il a été député, ministre et vient des LR, pour les gens, c’est plus facile »

« Je ne fais pas partie de ceux qui disent « on va gagner », il faut rester prudent. Je m’attends à tous les mauvais coups », prévient-il. Référence à la tournure quelque peu délétère qu’est en train de prendre cette campagne entre anciens compagnons de route, tous deux anciens membres des LR et de l’UMP. Pas de quoi entacher l’enthousiasme de son état-major. « Il y a des signaux positifs très intéressants. Des chefs d’entreprise de grands groupes et des acteurs économiques importants prennent contact avec nous », avance l’entourage de son équipe de campagne. « Et puis, il a été député, ministre et vient des LR, pour les gens, c’est plus facile. Ça les rassure par rapport au mouvement [du RN] ».

Lorsqu’on lui demande ce qui pourrait le faire perdre, Thierry Mariani s’attaque à un éventuel barrage républicain. « Je ne suis pas certain que les voix s’additionnent dans ce cas de figure », estime-t-il. « J’attends de voir ce qu’il va se passer au second tour. Mais j’entends qu’il pourrait y avoir accord technique - j’adore l’expression – entre la liste de M. Muselier et la liste M. Félizia. Alors soyons clairs, cela veut dire qu’En marche, Socialiste, Républicain, Communiste, se mettent ensemble pour garder leur poste. Je suis curieux de voir ce qu’en penseront les derniers militants fidèles de M. Muselier ». Et de presque s’en réjouir : « Lorsqu’il y a eu la fusion LR-En marche, il y a eu quelques fuites dans le tuyau. Sans en dire plus, j’ai déjà reçu quelques coups de téléphone ».
 

Si le RN l’emportait dans la région, ce qu’il semble bien être en mesure de faire, la campagne de Thierry Mariani pourrait bien rester comme celle d’un dynamitage, celui du « barrage républicain ».