Législatives partielles : Le PS en tête à Paris, percée du RN, ministre soulagée... Que retenir du premier tour ?

ASSEMBLEE Le PS est arrivé en tête du premier tour des législatives partielles dimanche à Paris, tandis que la ministre Brigitte Bourguignon (LREM) s’est qualifiée pour le second tour dans le Pas-De-Calais

Laure Cometti

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Un électeur vote.
Un électeur vote. — Bob Edme/AP/SIPA
  • Le premier tour des législatives partielles s’est déroulé dimanche dans quatre circonscriptions à Paris, dans l’Indre-et-Loire, l’Oise et le Pas-de-Calais. Ce scrutin a été marqué par une abstention très élevée.
  • A Paris, le Parti socialiste est arrivé en tête et affrontera la France insoumise au second tour dimanche prochain. Le Rassemblement national se qualifie pour le second tour dans le Pas-de-Calais et l’Oise.
  • Brigitte Bourguignon, ministre et candidate La République en marche, est arrivée en tête dans le Pas-de-Calais, au grand soulagement du parti présidentiel. En Indre-et-Loire, un duel gauche-droite se profile pour le second tour.

Ces scrutins n’ont pas déplacé les foules. Des élections législatives partielles se sont déroulées dimanche dans quatre circonscriptions, avec des taux d’abstention allant de 74 % (dans l’Oise) à 84 % (à Paris). Cette très faible participation a empêché certaines listes de se qualifier pour le second tour dimanche prochain, puisqu’il faut obtenir un nombre de voix égal à 12,5 % des inscrits sur les listes électorales.

A trois semaines des élections régionales et départementales, et moins d’un an de la présidentielle, la gauche a repris des couleurs à Paris, tandis que le Rassemblement national se qualifie pour le second tour dans deux circonscriptions et qu’une ministre étiquetée La République en marche est bien placée pour emporter un siège de député.

Un duel 100 % gauche à Paris

Lamia El Aaraje, candidate PS à la législative partielle du 20e arrondissement de Paris.
Lamia El Aaraje, candidate PS à la législative partielle du 20e arrondissement de Paris. - Stephane Allaman/SIPA

Dans le 20e arrondissement de la capitale, la gauche, partie divisée, s’affrontera au second tour. La candidate du Parti socialiste, Lamia El Aaraje, proche de la maire Anne Hidalgo, comptabilise 25,66 % des suffrages exprimés, selon des chiffres communiqués par les partis, tandis que l’insoumise Danielle Simonnet, conseillère de Paris et élue du 20e, récolte 20,78 % des voix. Le résultat de dimanche prochain déterminera si le PS conserve ou non son dernier siège de député parisien. Ce sera aussi un test en vue des régionales, où des listes PS, EELV et LFI se présentent au premier tour.

Arrivée en quatrième position (18,42 %), la candidate écolo Antoinette Gühl (alliée à Génération.s) se retrouve en position de faiseuse de roi, mais elle ne donne pas de consigne de vote pour le second tour ce lundi. Les reports des voix du candidat communiste (10,57 %) devrait aussi peser dans la balance.

Mais ce premier tour pourrait-il être annulé ? Le candidat des Républicains François-Marie Didier (18,52 %) a déclaré ce lundi qu’il envisage de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel, à cause d’un candidat ayant imprimé des bulletins estampillés La République en marche, sans avoir aucun lien avec le parti présidentiel. Celui-ci a recueilli in fine 4,4 % des voix.

Le RN face au « front républicain » dans deux circonscriptions

Le Rassemblement national, qui ne dispose à ce jour que de six sièges au Palais-Bourbon, se qualifie pour le second dans la 1re circonscription de l’Oise et la 6e du Pas-de-Calais. Mais dans les deux circonscriptions, ses chances de l’emporter dimanche prochain semblent faibles, vu l’avance de ses adversaires et les appels au front anti-RN des candidats non qualifiés pour le second tour.

La candidate RN dans l’Oise, Claire Marais-Beuil, a obtenu 15,27 % des voix, mais devrait avoir du mal à battre le neveu d’Olivier Dassault (décédé accidentellement en mars), Victor Habert-Dassault (LR), arrivé largement en tête avec 58,44 % des voix, et soutenu au second tour par Roxane Lundy, candidate de Génération.s-PS-EELV-PCF-PRG qui a obtenu 12,31 % des voix.

Soulagement pour LREM et le gouvernement

Brigitte Bourguignon, ministre LREM déléguée à l'Autonomie.
Brigitte Bourguignon, ministre LREM déléguée à l'Autonomie. - Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

Dans le Pas-de-Calais, la ministre déléguée à l’Autonomie Brigitte Bourguignon est arrivée largement en tête du premier tour, avec 34,95 % des voix, devant la candidate du RN Marie-Christine Bourgeois (24,02 %). Ce résultat était scruté de près par LREM (qui n’a gagné que deux élections législatives partielles sur 16 depuis 2017), et même Emmanuel Macron. Le président a téléphoné dimanche soir à la candidate, qui a manqué son appel, selon La Voix du Nord. Le second tour aura des airs de répétition avant les régionales et départementales des 20 et 27 juin prochains, car le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, tête de liste LREM dans le Pas-de-Calais s’est lancé dans la campagne pour « chasser le RN ».

La ministre pourrait bénéficier du « front républicain ». Le patron de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a en effet appelé ce lundi à faire « barrage au FN » au second tour, sans « aucune hésitation », alors que la candidate LR a récolté 19,2 % des suffrages. Quant au candidat du PS, Bastien Marguerite-Garin (12,91 % des bulletins), il a lui aussi enjoint ses électeurs à « faire battre l’extrême droite ».

Enfin, dans l’Indre-et-Loire, les centristes de l’UDI sont bien partis pour conserver leur siège. La candidate investie par l’UDI et LR, et soutenue par LREM, est arrivée en tête du premier tour, avec 45 % des suffrages. Maire de Beaulieu-lès-Loches, Sophie Métadier affrontera dimanche prochain la socialiste Murielle Riolet (20 %), adjointe à la mairie de Chambray-lès-Tours. Le RN n’est pas parvenu à se qualifier au second tour, avec 18,64 % des voix mais sous la barre des 12,5 % d’inscrits, tout comme EELV (16,22 %).