Régionales : Les jauges sanitaires compliquent l'organisation des meetings

RASSEMBLEMENTS Les meetings électoraux ne devront pas rassembler plus de 50 personnes, selon un décret que la candidate insoumise Clémentine Autain entend contester devant la justice

Laure Cometti

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Le meeting, un objet politique en voie de disparition ? Ici Jean-Luc Mélenchon le 16 mai 2021 à Aubin.
Le meeting, un objet politique en voie de disparition ? Ici Jean-Luc Mélenchon le 16 mai 2021 à Aubin. — Alain ROBERT/SIPA
  • Clémentine Autain, tête de liste La France insoumise pour les régionales en Ile-de-France, compte déposer d'ici vendredi un référé-liberté contre un décret limitant la jauge des réunions électorales à 50 personnes.
  • Le tribunal administratif aura 48 heures pour statuer sur ce recours, et éventuellement assouplir les restrictions liées à la campagne des élections régionales et départementales prévues les 20 et 27 juin prochains.
  • D’autres candidats ont préféré renoncer à des rassemblements publics, misant sur le numérique et sur des rencontres en format plus restreint.

C’est le deuxième scrutin perturbé par le Covid-19 en France. Après les municipales de 2021, les élections régionales et départementales, prévues les 20 et 27 juin prochains, doivent composer avec des restrictions sanitaires et une actualité dominée par l’épidémie de coronavirus. Impossible pour les candidats d’organiser des meetings façon « monde d’avant » en raison des jauges en vigueur.

Un référé-liberté pour retoquer la jauge de 50 personnes

Tête de liste La France insoumise en Ile-de-France, Clémentine Autain compte organiser un rassemblement à Montreuil le 13 juin prochain. Mais un décret publié le 21 mai dernier instaure un plafond maximum de 50 personnes pour les réunions électorales organisées en plein air sur la voie publique. « Il y a un vrai manque de cohérence, comment expliquer cette interdiction, alors que 35.000 personnes ont manifesté le 19 mai [selon les organisateurs], y compris Gérald Darmanin ? », s’interroge auprès de 20 Minutes la députée de la Seine-Saint-Denis, évoquant la manifestation de policiers à Paris.

L’élue va déposer un recours contre ce décret d’ici vendredi. Le tribunal administratif aura 48 heures pour se prononcer sur ce référé-liberté. A Beauvau, on invoque la précaution sanitaire pour justifier ce plafond de 50 personnes. « On a assoupli la jauge pour les candidats, car tous les autres rassemblements sur la voie publique restent plafonnés à dix personnes », précise-t-on au ministère de l’Intérieur, chargé de l’organisation des élections.

Le numérique comme plan B

« On peut rassembler jusqu’à 1.000 personnes en plein air si elles sont assises », poursuit-on dans l’entourage de Gérald Darmanin. « On a choisi de ne pas retarder la démocratie en maintenant le scrutin, pour que les Français puissent voter. Mais il faut éviter les contaminations à l’issue de la campagne ». Du côté de Clémentine Autain, on rappelle qu’il y a un an, le Conseil d’Etat avait jugé que l'interdiction de manifester au nom de la crise sanitaire n’était pas justifiée.

En attendant, comme d’autres candidats, l’insoumise se tourne vers le numérique et prévoit un meeting le 3 juin sur son programme. Tous les partis ont été obligés de s’adapter et revoir leur manière de faire des meetings. Les Républicains ont ainsi opté pour des « visites thématiques en format réduit et des meetings numériques ». « Par rapport aux précédentes campagnes, il y aura très peu de rassemblements physiques, en plein air et dans les salles limitées avec des jauges », explique l’entourage de Christian Jacob, le patron du parti.

Pas de meeting pour Marine Le Pen

Au Rassemblement national, ce format a été abandonné. « On n’avait pas assez de visibilité sur les restrictions lorsque l’on a organisé les déplacements de Marine Le Pen dans les 13 régions, donc elle ne fera aucune réunion publique », explique-t-on au QG du parti. Seule exception, la tête de liste RN en Ile-de-France, Jordan Bardella, tiendra une réunion publique le 12 juin à Mormant, en Seine-et-Marne. « Mais elle aura lieu en plein air et en nombre restreint », assure Caroline Parmentier, à la communication du mouvement.

Du côté du Parti socialiste, on mise sur « deux piliers : le numérique, pour diffuser et faire vivre nos propositions, et la proximité, pour aller à la rencontre des électeurs ». « Dans les régions où une météo plus heureuse le permet, les candidats pourront organiser des rassemblements en plein air, dans le respect des jauges », poursuit Soraya Allam-Hernandez, au cabinet du premier secrétaire Olivier Faure. Une stratégie hybride, que la plupart des partis semblent avoir adoptée dans ce contexte sanitaire.