Georges Tron, incarcéré, démissionne de son mandat de maire de Draveil

DECISION L'ex-secrétaire d'Etat avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont trois fermes, pour viol et agressions sexuelles

20 Minutes avec AFP
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Georges Tron, incarcéré, démissionne de son mandat de maire de Draveil (Archives)
Georges Tron, incarcéré, démissionne de son mandat de maire de Draveil (Archives) — AFP

Il continuait de diriger la mairie de Draveil, dans l’Essonne, tout en étant incarcéré. Condamné en appel pour viol et agressions sexuelles en février, l’ex-secrétaire d’Etat Georges Tron a finalement démissionné ce mardi de son mandat de maire, a indiqué à l’AFP le premier adjoint Richard Privat, et remplaçant du maire « empêché ».

Dans une lettre adressée à la préfecture de l’Essonne et citée par le Parisien, Georges Tron, secrétaire d’Etat entre 2010 et 2011 au sein du gouvernement Fillon, affirme qu’il s’agit d'« une décision bien douloureuse ».

« A cette heure, la préfecture a été informée de la perspective de démission de M. Tron mais n’a pas reçu les lettres de démission », a précisé la préfecture à l’AFP.

« Quotidiennement » en contact avec la mairie

Après un feuilleton judiciaire de dix ans et un acquittement en première instance, l’élu a été condamné en appel en février à cinq ans d’emprisonnement, dont trois fermes, pour viol et agressions sexuelles d’une ancienne collaboratrice à la mairie, assortis de six ans d’inéligibilité. Il s’est pourvu en cassation.

Mais trois mois après cette condamnation, l’opposition et les associations féministes critiquaient son « omniprésence » à la tête de la mairie avec laquelle il est en contact « quotidiennement ». Des lettres du maire ont été notamment lues lors de deux conseils municipaux tenus depuis février.

Réélu à plus de 64 % en 2020

Massages de pieds, enregistrements clandestins, mensonges et « omerta », descriptions crues de scènes sexuelles trioliques : le microcosme de la mairie avait été largement décrit durant les quatre semaines du procès en appel qui s’est tenu en février. Selon deux anciennes employées de la commune, parties civiles, Georges Tron avait utilisé son pouvoir et sa prestance pour se constituer un « harem municipal » en proposant un emploi à des femmes dans sa ville.

Le maire leur aurait imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d’alors, Brigitte Gruel, selon les victimes.

Maire LR depuis 25 ans de Draveil, Georges Tron a été réélu à plus de 64 % lors des élections municipales en 2020.

Le 12 mai, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait indiqué que le gouvernement travaillait sur « les conditions » de la révocation de Georges Tron mais qu'« il y a(vait) des enjeux juridiques ».

« Je suis toujours présumé innocent »

Dans sa lettre, M. Tron a écrit : « Ma condamnation n’étant pas définitive, je suis toujours présumé innocent et dans ce cadre, et malgré la difficulté et la dureté de cette situation pour mes proches et moi-même, j’ai, en total accord avec mon équipe municipale, continué à exercer mes fonctions de maire de Draveil ces trois derniers mois ».

« Mais un débat s’ouvre aujourd’hui sur la capacité matérielle dont je disposerais pour exercer mes fonctions. Je n’ai pas les moyens d’y participer », a-t-il poursuivi.