Eric Dupond-Moretti défend le lien entre la justice et la police

AVOCAT Dans un entretien au « JDD », le ministre affirme que « la police sans justice c’est le totalitarisme ; la justice sans la police, c’est l’impuissance »

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin (de dos), à Paris à l'issue du Conseil des ministres du 28 avril 2021 (illustration).
Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin (de dos), à Paris à l'issue du Conseil des ministres du 28 avril 2021 (illustration). — Lemouton / POOL/SIPA

Eric Dupond-Moretti tente de désamorcer la crise de confiance entre la police et la justice. Mercredi en effet, lors du rassemblement de milliers de policiers devant l’Assemblée nationale, le secrétaire général du syndicat de police Alliance avait jugé que « le problème de la police, c’est la justice ! ». Mais pour le garde des Sceaux, « cette affirmation est fausse et elle est grave ».

Dans un entretien au Journal du Dimanche, il fait donc tout pour défendre la justice. Selon lui, le lien entre les deux institutions ne doit pas être rompu car « la police sans justice c’est le totalitarisme ; la justice sans la police, c’est l’impuissance ». Il juge tout de même légitime la présence de son collègue de l’Intérieur Gérald Darmanin au rassemblement des policiers mercredi dernier.

La question des peines planchers

Le garde des Sceaux rappelle également une partie du bilan chiffré de la réponse pénale qu’il avait déjà déroulé mardi devant les députés : « En 2019, 132.000 peines d’emprisonnement ferme ont été prononcées, contre 120.000 en 2015. » « Dans l’affaire Nordahl Lelandais, l’avocate générale avait requis 30 ans de réclusion ; c’est un jury populaire qui l’a condamné à 20 ans. Est-ce du laxisme ? », lance l’ancien avocat.

Eric Dupond-Moretti invoque également les chiffres pour justifier son refus de rétablir les « peines plancher » que réclament les syndicats policiers pour ceux qui s’en prennent aux membres des forces de l’ordre. Créées au début du mandat de Nicolas Sarkozy en 2007, elles prévoyaient une peine minimale incompressible pour un certain nombre de crimes et de délits et ont été supprimées sous la présidence de François Hollande en 2014. « Si l’on regarde les peines qui ont été prononcées pendant cette période (entre 2007 et 2014), on constate qu’elles étaient nettement inférieures à celles prononcées après la suppression », juge-t-il.

Dans cet entretien au JDD, le ministre en profite par ailleurs pour, une nouvelle fois, défendre le budget « historique » de la Justice. Celui-ci « a bondi de 21 % en quatre ans et de 8 % rien que cette année alors que nous atteignons les 9.090 magistrats ».