Coronavirus : Avec le début du déconfinement, Emmanuel Macron a-t-il réussi son pari ?

PRESIDENT EPIDEMIOLOGISTE Le chef de l'Etat avait été critiqué par certains scientifiques lors de l'annonce de son plan de réouverture

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. — Raphael Lafargue-POOL/SIPA
  • Ce mercredi est marqué par la réouverture des terrasses, cinémas, théâtres et musées, tandis que le couvre-feu sera repoussé jusqu’à 21 heures.
  • Cette première étape du déconfinement décidé par Emmanuel Macron se déroule dans un contexte de baisse de la pression épidémique.
  • Un pari réussi pour le l'exécutif ? Ce dernier reste prudent, notamment sur le risque d’apparition de nouveaux variants.

Le bout du tunnel ? Après de longs mois de restrictions liées au coronavirus, la France entame ce mercredi une première étape du déconfinement. Les cinémas, théâtres et musées rouvriront au public après 203 jours de fermeture, en respectant des jauges maximales de fréquentation. Les Français pourront aussi se retrouver autour d’un verre en terrasse, du moins jusqu’à 21 heures, nouvel horaire du couvre-feu. Un aperçu de l’ancienne liberté.

« On voit aujourd’hui que les signaux sont au vert et ça démontre que le président de la République a eu raison dans ce calendrier », s’est félicité sur RTL Gabriel Attal lundi. « Ca donne tort à tous les prophètes de malheur, à tous ceux qui ne croient pas à la responsabilité des Français », a ajouté le porte-parole du gouvernement.

« Le président a eu raison de présenter ce calendrier de déconfinement »

Fin avril, l’exécutif était accusé de ne pas prendre des mesures sanitaires assez strictes face au variant anglais, qui a entraîné 43.000 décès depuis le début de l’année. « Le président de la République a eu raison de présenter ce calendrier de déconfinement, et de maintenir le 19 mai comme première étape de réouverture, alors que beaucoup disaient que c’était irresponsable et prématuré, appuie-t-on au cabinet de Gabriel Attal. Les Français ont été responsables, et les indicateurs en baisse lui donnent raison. »

Ces réouvertures s’opèrent dans un contexte général de net recul de l’épidémie au niveau national, avec un taux d’incidence chutant à 142 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours, pour plus de 400 début avril. Même décrue à l’hôpital, où le nombre de malades du Covid-19 était inférieur à 23.000 lundi, au plus bas depuis octobre, et dans les services de réanimation, avec 4.190 patients.

Une preuve que le pari a réussi ? « Ce n’était pas un pari du président, mais une analyse froide de la situation sur la circulation du virus et la réussite vaccinale », répond la députée LREM Anne Genetet, alors que la France a atteint son objectif de 20 millions de premières injections de vaccins au 15 mai. « On peut ajouter à cela un contrôle strict de nos frontières pour limiter l’apparition des variants, et l’ouverture progressive, par étapes, du pays », ajoute la porte-parole du groupe à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement reste prudent

Même en baisse, les chiffres restent toutefois élevés et, en l’Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, notamment, le taux d'occupation des services de soins critiques dépasse toujours les 100 %. Un constat relevé il y a dix jours par le Conseil scientifique, qui alertait sur « une sortie précipitée » des mesures de freinage, risquant d’induire « une possible quatrième vague » à l’été 2021. Les scientifiques recommandaient plutôt d’attendre « un niveau de vaccination de 35 millions de personnes » et une baisse du nombre de contaminations à moins de 10.000 par jour.

Mais la structure, qui guidait autrefois l’action du gouvernement, n'a plus vraiment l'oreille de l'Elysée. « On trouvera toujours des épidémiologistes pour dire qu’il faut confiner toujours plus. Mais le gouvernement doit trouver un équilibre, entre des mesures de restrictions acceptables par la population, mais sans levée totale pour éviter l’effet cocotte-minute de décompression qu’on a vécu l’année dernière lors du déconfinement », avance Anne Genetet.

L’opposition semble, de son côté, avoir « validé » le calendrier de déconfinement décidé par le chef de l’Etat, pour se concentrer sur la sortie de crise économique ou les modalités du pass sanitaire. Au gouvernement, on salue les prémices d’un retour aux jours heureux, mais les derniers mois invitent toutefois à la prudence. « On reste vigilants, notamment face aux variants. La prochaine étape est le 9 juin [avec la réouverture des salles de sport et intérieurs des restaurants], ce qui nous permettra de voir l’impact des premières levées de restriction sur l’épidémie », ajoute l’entourage de Gabriel Attal. Emmanuel Macron s’offrira, lui, ce mercredi une visite dans l’Aube pour marquer la réouverture des activités sportives.