Régionales 2021 : Confusion en Paca, clash dans le Grand-Est… Les Républicains sont-ils en train « d’imploser » ?

CASSE-TETE L'alliance souhaitée par le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier avec LREM continue de faire vaciller la droite

Thibaut Le Gal

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Christian Jacob en difficulté.
Christian Jacob en difficulté. — Jacques Witt/SIPA
  • En proposant une alliance avec la majorité présidentielle pour le scrutin des 20 et 27 juin prochains, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier a provoqué une crise politique chez Les Républicains.
  • Certains cadres LR demandent des sanctions contre l’élu de Paca, qui a maintenu quelques marcheurs sur sa liste.
  • Tiraillés entre les macronistes et le Rassemblement national, les Républicains peinent à trouver une ligne claire, à un mois de l'échéance.

Les tractations pour les régionales ont pris fin ce lundi midi, avec la clôture du dépôt des listes, mais le feuilleton autour des Républicains ne semble pas près de s’achever. L’alliance entre le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier et la majorité présidentielle, finalement à moitié avortée, n’en finit pas de créer des remous à droite.

« Ce que montrent ces régionales, c’est que ce parti est en train d’imploser », a tranché le député MoDem Jean-Louis Bourlanges, ce dimanche, sur France Info. Bousculés par la main tendue par LREM et les ex-LR en campagne aujourd’hui au RN, Les Républicains peinent à tenir une ligne claire, à un mois du premier tour prévu le 20 juin.

« Muselier nous a bernés »

A la veille d’un comité stratégique décisif, mardi matin, Eric Ciotti en remet une couche dans le Figaro sur l’alliance LR-LREM en Paca. « Malgré ses engagements, Renaud Muselier a bien conclu un accord en bonne et due forme avec le pouvoir macronien. De fait, il a pris en otage sa famille politique », tacle le député des Alpes-Maritimes. L’élu de Nice souhaite que LR retire son soutien à Renaud Muselier, comme le demandent également le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau et le vice-président délégué Guillaume Peltier. « Si nous disons aux Français qu’En marche est la même chose que Les Républicains, notre famille politique creusera sa tombe et disparaîtra », ajoute-t-il.

Car Renaud Muselier a confirmé vendredi que 15 candidats de la majorité présidentielle seront finalement présents sa liste, malgré la pression mise par la direction du parti. « Je lui ai fait confiance au lendemain de la commission nationale d’investiture, lorsqu’il disait qu’il avait fait un mauvais choix en acceptant le soutien du Premier ministre, mais j’ai aujourd’hui l’impression qu’il nous a bernés. La présence de marcheurs trouble le message », assure Julien Dive, député LR de l’Aisne. « Renaud Muselier commet une faute politique et une faute morale. C’est une connerie, qu’il n’arrive d’ailleurs pas à justifier », tranche également Aurélien Pradié, numéro trois du mouvement et candidat en Occitanie.

Mais au risque de troubler un peu plus le message, les deux élus refusent, pour leur part, de retirer l’investiture au président sortant. « On ne peut pas se payer le luxe de ne pas avoir de liste, ni d’élus dans cette région. On ne va pas pénaliser l’ensemble des conseillers régionaux qui se sont fait embarquer par leur tête de liste », souffle Julien Dive.

Des embrouillaminis, pas qu’en Paca

La confusion ne règne pas qu’en Paca. Un peu plus au nord, dans le Grand-Est, Nadine Morano a confirmé ce lundi sur Cnews qu’elle ne voterait pas pour Jean Rottner, pourtant tête de liste de son parti. L’eurodéputée LR reproche notamment au président sortant d’envisager un rapprochement avec LREM en vue du second tour des régionales, ce que dément l’intéressé. Quelques jours plus tôt, le maire de Nice Christian Estrosi et son ami Hubert Falco, édile de Toulon, annonçaient avec fracas leur départ de LR, en reprochant à leur parti… l’exact opposé, c’est-à-dire le refus de s’allier aux marcheurs.

En Bourgogne-France-Comté, c’est l’alliance entre le candidat LR Gilles Platret et Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, qui crée des remous. Dans le même temps, le Rassemblement national a investi des anciens de la droite, comme Thierry Mariani en Paca, Jean-Paul Garraud en Occitanie, ou Sébastien Chenu dans les Hauts-de-France… De quoi donner un peu plus le tournis aux électeurs de droite.

Un sondage Ipsos Sopra Steria pour France Info et Le Parisien, publié dimanche, confirme le tiraillement de LR entre le parti d’Emmanuel Macron et celui de Marine Le Pen. 64 % des personnes interrogées estiment notamment que la droite pourrait tout aussi bien rallier LREM que le RN. A moins d’un an de la présidentielle, ces confusions mettent-elles en péril le mouvement ? Aurélien Pradié balaie : « Il y a une jubilation morbide autour des Républicains. Nous traversons une tempête, et les plus faibles se jettent à l’eau car ils ont la trouille. Tant mieux, il ne restera que les plus courageux à bord pour tenir une ligne claire. »