Assistants d’eurodéputés FN : Le sujet ressort « à chaque élection », dénonce Marine Le Pen

ENQUETE Selon le « JDD », les policiers estiment que Marine Le Pen serait l’organisatrice et la bénéficiaire du « système frauduleux » mis en place par le FN

M.A.

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Marine Le Pen, le 29 janvier 2021 à Paris.
Marine Le Pen, le 29 janvier 2021 à Paris. — AFP

Accablée par un article du Journal du Dimanche sur les conclusions de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés du Rassemblement national, Marine Le Pen a dénoncé, ce dimanche, une manœuvre politique, affirmant que le sujet ressortait « à chaque élection ».

« Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection », a écrit Marine Le Pen sur Twitter, ce dimanche, faisant référence aux élections régionales de juin.

« Un système organisé frauduleux »

Dans son édition du jour, le Journal du dimanche a affirmé avoir eu accès au rapport des policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales en charge de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires du RN. Selon nos confrères, dans ce rapport, les enquêteurs estiment que le Front national (FN) a « mis en place un système organisé frauduleux ».

Le FN « par l’intermédiaire de ses cadres et dirigeants, mis en place un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit, par le biais d’emplois fictifs d’assistants parlementaires », peut-on lire dans le rapport selon le JDD. Le JDD affirme également que le rapport contient plusieurs dépositions concourant à « présenter Marine Le Pen comme la responsable directe » de ce système frauduleux.

Un préjudice à 6,8 millions d’euros

Près de 25 élus et assistants, dont Marine Le Pen, son père, Jean-Marie Le Pen et des hauts responsables du parti, ont été mis en examen pour « détournements de fonds publics » dans cette enquête, ouverte en 2015 et confiée à des juges d’instruction financiers du tribunal de Paris en 2016, affirme le JDD. La justice soupçonne les dirigeants du parti d’avoir mis en place « de manière concertée et délibérée » un « système de détournement » des enveloppes allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires. Ces derniers n’auraient pas travaillé pour les eurodéputés, mais pour le parti, permettant au FN de faire des économies, détaillent nos confrères.

Pour l’avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, la présidente du parti « n’a jamais mis en place de système frauduleux ». « Tous les assistants parlementaires au Parlement européen cités dans l’instruction ont travaillé à un moment ou à un autre », a-t-il martelé auprès du JDD. Le Parlement européen, partie civile, lui, a estimé son préjudice à 6,8 millions d’euros dans cette affaire.

«Un problème avec l'argent public»

Le trésorier du RN, Wallerand de Saint-Just, lui, a directement accusé sur BFMTV le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti d'être à l'origine de la «fuite» du rapport, «un tissu ignoble d'inexactitudes et de calomnies», dénonçant un «viol du secret de l'instruction». «Le RN au Parlement européen, c'est un peu prends l'oseille et tire-toi», a répliqué le secrétaire d'Etat Clément Beaune sur Europe 1/Cnews/Les Echos, alors que de nombreux responsables politiques de tous bords ont dénoncé «la fraude» et «l'escroquerie» du Rassemblement national.

«Manifestement Marine Le Pen et le Front national ont un problème avec l'argent public», a critiqué le patron des députés LREM Christophe Castaner sur LCI/RTL/Le Figaro«. L'ex-LR Valérie Pécresse a dénoncé sur radio J des »pratiques totalement inacceptables« qui en disent, selon elle, »long sur le cynisme et les méthodes du RN«. »Quand le parti qui se présente comme celui de la lutte contre la fraude se révèle en être l'un des meilleurs experts !.. Et si on se passait du RN au second tour de l'élection présidentielle ?«, s'est interrogé le secrétaire national du PS Olivier Faure sur Twitter, alors que le numéro un des Verts, Julien Bayou, a fustigé »une escroquerie en bande organisée".