Conflit israélo-palestinien : La classe politique divisée sur l’interdiction de la manifestation pro-palestinienne

MANIF La France insoumise est montée au créneau contre cette interdiction alors que majorité, la droite et l'extrême droite soutiennent la décision

R. G.-V. avec AFP

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Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur.
Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. — Jacques Witt/SIPA

Les organisateurs de la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris espèrent obtenir ce vendredi l’annulation de son interdiction requise par le gouvernement et qui suscite un vif débat politique. L’interdiction a été prise jeudi soir par le préfet de police de Paris, Didier Lallement, à la demande du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en raison de risques de « troubles à l’ordre public ».

Pour contester cet arrêté « injuste et abusif », les avocats de l’Association des Palestiniens en Ile-de-France ont déposé un recours en référé-liberté auprès du tribunal administratif. Me Sefen Guez Guez, Me Dominique Cochain et Me Ouadie Elhamamouchi espèrent que le dossier sera examiné dans la journée. « La France est la seule démocratie à interdire une telle manifestation ! », souligne Me Guez Guez, en dénonçant une atteinte à la liberté d’expression « totalement » disproportionnée «. Il déplore également le caractère » politique" de cette décision.

« Il ne peut pas y avoir de manifestation antisémite »

L’affaire divise la classe politique entre soutiens de la demande du gouvernement – dans la majorité, à droite et à l’extrême droite – et ceux qui dénoncent une interdiction « inacceptable », menés par La France insoumise (LFI). « Il ne peut pas y avoir de manifestation antisémite […]. Nous avons tous des opinions face aux images. Mais ce conflit ne doit pas s’exporter sur le territoire national », a justifié ce vendredi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Et le ministre de rappeler la manifestation parisienne sur le même sujet  qui avait dégénérée en violences urbaines en 2014.

L’ancien Premier ministre Manuel Valls, qui a apporté cette semaine son soutien à Israël, a approuvé sur LCI une « décision grave mais justifiée ». Le député LREM de Paris Sylvain Maillard, l’a jugée « dure », « mais nécessaire pour préserver l’ordre public ». « Il est hors de question d’importer sur notre sol » le conflit israélo-palestinien, a abondé vendredi sur BFMTV le numéro deux de LR, Guillaume Peltier. « Il vaut mieux qu’il n’y ait pas de manifestations », notamment pour éviter des « provocations antisémites », a abondé sur CNews le porte-parole du RN, Sébastien Chenu.

Anne Hidalgo aussi contre la manifestation

« Monsieur Darmanin suscite des risques de violences, c’est une provocation de sa part », a estimé de son côté sur France 2 le député LFI de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, ajoutant : « C’est un conflit géopolitique, le problème, c’est un peuple colonisé qui a sa capitale occupée contre toutes les résolutions de l’ONU ». La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a jugé ce vendredi que l’interdiction par le gouvernement de la manifestation pro-palestinienne de samedi était une « décision sage ».

« Nous avons connu en 2014 une manifestions extrêmement violente, très difficile. La situation est de très très grande tension. Et je pense que cette décision est une décision sage », a affirmé Anne Hidalgo sur radio J.

Les affrontements entre le Hamas et Israël avaient fait ce vendredi matin plus de 100 morts à Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien contrôlée par le Hamas, et neuf côté israélien, et ne montrait aucun signe d’apaisement.