Affaire Georges Tron : Le gouvernement travaille à la révocation du maire LR emprisonné

DESTITUTION Depuis sa prison, ce dernier gérerait toujours les affaires de sa mairie de Draveil

20 Minutes avec AFP

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VERSION 10 12/05/2021 17:14 UTC+2  
Le gouvernement travaille sur une éventuelle révocation de Georges Tron
X Ouvrir le document dans une nouvelle fenêtreX VERSION 10 12/05/2021 17:14 UTC+2 Le gouvernement travaille sur une éventuelle révocation de Georges Tron — Thibault Camus/AP/SIPA

Alors que le maire LR de Draveil (Essonne) se trouve actuellement en prison pour viol et agression sexuelle, le gouvernement assure vouloir le destituer. « Sur la question de Georges Tron, ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un travail en cours pour regarder les conditions dans lesquelles cette révocation pourrait se faire ou pas, il y a des enjeux juridiques », a indiqué mercredi Gabriel Attal lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres.

« Je ne peux pas vous annoncer de décisions prises mais j’espère pouvoir revenir vers vous, en tout cas, avec des explications, le cas échéant une décision », a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Eric Dupond-Moretti a été l’avocat de Georges Tron

Interrogé sur le fait que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti ait été autorisé à répondre en mars devant le parlement à une question concernant la révocation de Georges Tron alors qu’il a été son avocat, Gabriel Attal a expliqué : « Sur tous les sujets sur lesquels Éric Dupond-Moretti a eu à intervenir en tant qu’avocat il y a un déport dans les décisions et dans les travaux préparatoires auprès du Premier ministre. Il y a un certain nombre de sujets qui sont gérés par Matignon ».

Mais, a-t-il justifié, « un ministre, un membre du gouvernement s’exprime aux questions d’actualité au gouvernement pour relayer une position, c’est le travail classique du gouvernement et vous savez que tout ministre peut représenter le gouvernement pour s’exprimer »

Encore omniprésent à la mairie

Après un feuilleton judiciaire de dix ans et un acquittement en première instance, Georges Tron a été condamné en appel en février à cinq ans de prison dont trois fermes pour viol et agressions sexuelles sur une ancienne collaboratrice à la mairie, assortis de six ans d’inéligibilité.

Mais deux mois après cette condamnation suspendue par un pourvoi en cassation dont l’ancien député et secrétaire d’Etat attend l’issue, l’opposition et les associations féministes critiquent son « omniprésence » à la tête de la mairie, alors qu’il est incarcéré à la prison de la Santé à Paris.

Georges Tron continue de travailler par téléphone

« C’est une bonne nouvelle que le gouvernement se penche enfin sur la demande du collectif et de l’opposition, c’est une honte qu’un homme condamné pour viol continue de diriger une ville », a réagi François Guignard, à la tête du groupe d’opposition Draveil Transition.

Richard Privat, premier adjoint et remplaçant du maire « empêché » n’a pas souhaité réagir, assurant qu’il « continue à travailler quotidiennement avec Georges Tron par téléphone ». L’ex-secrétaire d’Etat (2010-2011) dirige la ville de Draveil, de 30.000 habitants sur la rive droite de la Seine, depuis plus de 25 ans. Il a été réélu à plus de 64 % lors des élections municipales en 2020.