Coronavirus : Les députés approuvent la création d’un « pass sanitaire »

EPIDEMIE La mesure, validée lors de l’examen du projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire, a subi de nombreuses critiques dont celles du Modem

20 Minutes avec AFP

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Au vaccinodrome du Stade de France, le 7 avril 2021.
Au vaccinodrome du Stade de France, le 7 avril 2021. — Gabrielle CEZARD/SIPA

La France a fait lundi soir un premier pas vers la création par le gouvernement d’un « pass sanitaire ». Malgré les réticences et mises en garde des oppositions et du Modem, les députés ont donné un premier feu vert à cette mesure au premier jour de l’examen d’un projet de loi qui doit desserrer l’état d’urgence sanitaire sans pour autant baisser la garde face au Covid-19.

Ce pass sanitaire, introduit par le gouvernement en commission des lois, a fait l’objet d’un tir de barrage des oppositions avec à la clef de longues discussions et de nombreux amendements de suppression ou de précision. Tous rejetés.

Pour la majorité, « c’est la condition de la liberté »

« Le pass sanitaire doit nous permettre de rouvrir des établissements recevant du public, des festivals, des lieux de rassemblement. Si nous n’avions pas le pass sanitaire, nous devrions attendre beaucoup plus longtemps », a prévenu le secrétaire d’Etat en charge du numérique Cédric O. « C’est la condition de la liberté », a vanté le député LREM, Roland Lescure.

Mais l’opposition ne voit pas d’un bon œil la stratégie du gouvernement. « La logique que vous êtes en train de nous annoncer c’est la gestion d’une société avec covid », a taclé le LFI Eric Coquerel. Le communiste Pierre Dharréville a dénoncé une « philosophie de contrôle sociale dangereuse ».

L’outil d’abord réservé aux déplacements vers ou depuis l’étranger, subordonnera l’accès à des grands rassemblements ou de certains lieux à la présentation d’un résultat négatif d’un dépistage virologique, ou un justificatif de vaccination ou une attestation de son rétablissement à la suite d’une contamination. « Le dispositif est entouré de garantie suffisante car il ne s’appliquera pas aux activités quotidiennes » (restaurants, cinémas, théâtre, etc.), a rassuré le rapporteur LREM Jean-Pierre Pont.

Pas d’accord sur les discothèques

Une jauge à 1.000 personnes a été promise par le gouvernement mais sans l’inscrire dans le marbre de la loi. Une question de « souplesse » pour Jean-Pierre Pont. L’argument n’a pas convaincu le « marcheur » Pacôme Rupin ou le Modem Philippe Latombe qui ont dénoncé un « texte trop large » et « pas assez précis » quand d’autres députés de droite comme de gauche réclamaient davantage de « clarté dans les critères » (surface, densité, extérieur/intérieur), à l’instar de Philippe Gosselin (LR).

Les débats autour du « pass sanitaire » ont également permis aux partisans d’une réouverture des discothèques de donner de la voix. Le Modem Christophe Blanchet a demandé que ce pass puisse servir de sésame pour rouvrir des établissements contraints à la fermeture depuis 14 mois. Là aussi sans succès en raison du risque de contamination jugé trop « important ». Les débats continuent ce mardi.