Bicentenaire de la mort de Napoléon : « Napoléon Bonaparte est une part de nous », souligne Emmanuel Macron

HISTOIRE Le chef de l’Etat a commémoré le bicentenaire de la mort de l’Empereur

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron devant la tombe de Napoleon aux Invalides, le 5 mai 2021.
Emmanuel Macron devant la tombe de Napoleon aux Invalides, le 5 mai 2021. — Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP

Dénonçant les « fautes » de Napoléon Bonaparte, comme le rétablissement de l’esclavage, mais aussi célébrant ses qualités de « bâtisseur et législateur » et de défenseur de la souveraineté nationale, Emmanuel Macron​ a dressé, ce mercredi, un portrait « en clair-obscur » de cette figure controversée de l’Histoire de France.

Affirmant que « Napoléon Bonaparte est une part de nous », Emmanuel Macron, premier président à s’exprimer sur Napoléon depuis Pompidou, a expliqué dans un discours à l’Institut de France pour le bicentenaire de la mort de l’Empereur vouloir réaliser une « commémoration éclairée ».

« Un stratège, un législateur, un bâtisseur »

Avec, a-t-il insisté, « la volonté de ne rien céder à ceux qui entendent effacer le passé au motif qu’il ne correspond pas à l’idée qu’ils se font du présent », en une critique implicite de la « cancel culture ». « De l’Empire nous avons renoncé au pire, de l’Empereur nous avons embelli le meilleur », a-t-il affirmé, appelant de nouveau à « regarder notre Histoire en face et en bloc ». Sur l’esclavage, que Napoléon a rétabli, il déclare ainsi que « la Deuxième République a réparé en 1848 cette trahison de l’esprit des Lumières ».

Evoquant les pertes en vies humaines dont l’Empereur est responsable, il souligne que la France a depuis « placé la valeur de la vie humaine plus haut que tout que ce soit, dans les guerres ou dans les pandémies », une référence à la gestion du Covid-19. Il a enfin condamné son « exercice arbitraire d’un pouvoir solitaire » Le chef de l’Etat a en revanche rendu hommage à « un stratège, un législateur, un bâtisseur », à « cette part de France qui a conquis le monde ».

Une vie de « volonté », de « liberté », de « goût du possible »

Il a célébré celui qui « a gravé dans le marbre l’égalité civile entre les hommes avec le Code civil, la protection de la loi pour tous avec le Code pénal ». Mais a ajouté que l’Etat avait « poursuivi cette œuvre de progrès en agissant pour l’égalité entre les femmes et les hommes » et « en abolissant la peine de mort », alors que Napoléon est critiqué pour avoir inscrit l’infériorité de la femme par rapport à son mari dans le Code civil.

Autre écho à l’actualité, Emmanuel Macron a aussi applaudi celui qui a « apaisé les relations avec les grandes religions », par le Concordat, par le Grand Sanhédrin, une cour suprême juive convoquée par Napoléon au début du XIXème siècle. Dans une ode à la valeur individuelle qui résonne avec son propre credo politique, il a célébré enfin une vie de « volonté », de « liberté », de « goût du possible », qui « démontre qu’un homme peut changer le cours de l’Histoire », ainsi qu’une « invitation à prendre son risque, faire confiance à l’imagination, être pleinement soi ».