Nouvelle-Calédonie : Les indépendantistes du FLNKS refusent l’invitation à Paris de Jean Castex

NON Le Premier ministre a invité à Paris, du 25 mai au 3 juin, des dirigeants loyalistes et indépendantistes « pour parler de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie »

20 Minutes avec AFP
— 
Des partisans de l’indépendance dans les rues de Nouméa lors du référendum du 4 octobre 2020.
Des partisans de l’indépendance dans les rues de Nouméa lors du référendum du 4 octobre 2020. — Mathurin Derel/AP

C’est pour l’instant une fin de non-recevoir envoyé depuis Nouméa au Premier ministre. Les leaders du FLNKS ont indiqué mercredi qu’ils ne se rendraient pas à Paris fin mai à l’invitation de Jean Castex pour discuter de l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie. Les indépendantistes mettent en cause « l’impréparation » de cette mission.

« Il n’y a pas urgence à se rendre à Paris à la fin du mois car les sujets d’ordre de souveraineté qui doivent se discuter avec l’Etat français méritent des séances de préparation », ont indiqué les dirigeants de la coalition indépendantiste, qui s’était réunie samedi en convention. « Le format et l’ordre du jour pas clairs » ont été invoqués par le Front de Libération Nationale Kanak Socialiste, qui a demandé à l’Etat « de missionner un haut responsable habilité à préparer » le déplacement.

Un troisième référendum attendu avant octobre 2022

Jean Castex a convié à Paris un panel de dirigeants loyalistes et indépendantistes du 25 mai au 3 juin « pour parler de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ». Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un troisième et dernier référendum sur l'indépendance aura lieu avant octobre 2022. Une séquence avec Emmanuel Macron était annoncée.

Les conséquences du oui et du non à l’indépendance ainsi que la date du scrutin, qui fait craindre un retour des tensions communautaires, étaient les principaux sujets à l’agenda. Les deux premiers scrutins référendaires des 4 novembre 2018 et 4 octobre 2020 ont été remportés à 56,7 % puis 53,3 % par les partisans du maintien de l’île dans la France.

Le FLNKS a en outre indiqué qu’il ne participerait pas à la restitution jeudi des résultats de la consultation citoyenne, lancée par l’Etat pour permettre à la société civile de prendre part au débat sur le devenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Ces décisions interviennent alors que les indépendantistes ont remporté mi-février la majorité des membres du gouvernement collégial, six sur onze, après avoir fait chuter le précédent exécutif dirigé par le loyaliste Thierry Santa. Faute d’accord entre les deux courants du FLNKS sur le nom du président, le gouvernement élu n’est toutefois pas encore entré en fonction.