Bretagne : « Ma cocotte »… La maire de Paimpol dénonce les propos sexistes de son prédécesseur

SEXISME L’ancien maire Jean-Yves de Chaisemartin a refusé de s’excuser et confirme ses propos

C.A.
— 
La conseillère régionale de Bretagne Fanny Chappé, ici lors d'un vote en juin 2017.
La conseillère régionale de Bretagne Fanny Chappé, ici lors d'un vote en juin 2017. — C. Allain / 20 Minutes

Edit: Dans un message adressé à 20 Minutes, Jean-Yves de Chaisemartin a tenu à préciser le contexte de l'altercation et se défend. «Il n’y a aucun caractère sexiste dans mon propos. Je concède une remarque désinvolte et provocatrice». Nous avons intégré cette réponse dans l'article.

« Je te parle comme je veux ma cocotte ». La phrase n’est pas passée. Mais alors pas du tout. Pas plus que les « oui maîtresse, non maîtresse » utilisés pour s’adresser à celle qui présidait le conseil municipal. Lundi soir, la maire de Paimpol Fanny Chappé (PS) a été prise à partie par son prédécesseur Jean-Yves de Chaisemartin lors du conseil municipal. Blessée, l’élue socialiste des Côtes d’Armor s’en est émue sur ses réseaux sociaux. « On en est encore là en 2021. Être femme maire, c’est aussi vivre cela. Un sexisme qui passerait presque inaperçu ». Un post qui a été largement commenté et a fait l’objet d’un soutien quasi unanime. Plusieurs élues bretonnes ont manifesté leur solidarité, à l’image des conseillères régionales Anne Gallo et Catherine Saint-James, ou la conseillère municipale de Rennes Béatrice Hakni-Robin ou l’adjoint au maire de Brest Yohann Nédélec.

Battu lors du dernier scrutin municipal en 2020, Jean-Yves de Chaisemartin a lui aussi été très bavard en inondant le post Facebook de ses commentaires pour tenter de se justifier. « Se complaire dans le rôle de victime. Le conseil est disponible en vidéo. Vous comprendrez, si vous prenez le temps, à quel point cette complainte est abusive, caricaturale et pathétique. On peut être femme et incompétente. Même si ça ne vous fait pas plaisir ! », répond le vice-président du département des Côtes-d’Armor.

«Il n’y a aucun caractère sexiste dans mon propos»

«Il n’y a aucun caractère sexiste dans mon propos. Je concède une remarque désinvolte et provocatrice à l’attention d’une élue qui tente maladroitement de masquer son incompétence en se complaisant dans le rôle de victime», explique l'élu dans un message adressé à 20 Minutes. «Un manque de respect, c’est un fait. Une insulte sexiste à aucun titre. Un homme aurait été critiqué dans son comportement de maître d’école et la traduction aurait bien été: je te parle comme je veux mon coco», poursuit l'élu dans son courriel.

Dans les commentaires publiés sur Facebook, l'élu avait ajouté: « je vous dis simplement que cocotte, bibiche, mémère, pépette, poupette… sont autant de surnoms familiers qui n’ont rien d’insultant, mais juste le niveau de désobligeance qui s’impose à une personne dénuée de légitimité qui a besoin de se draper dans son indignité pour exister ».



Ces commentaires en ont indigné plus d’un. Anne Gallo, qui connaît visiblement très bien le mis en cause critique « des propos déplacés et inacceptables, encore plus dans une enceinte officielle ». « C’est irrespectueux vis-à-vis d’un maire femme ou homme ou d’une personne éloignée de ton proche entourage », estime la conseillère régionale déléguée au tourisme. L’élu centriste a expliqué avoir été « traité de tous les noms » pendant son mandat. « Vous voulez des remarques homophobes ? Il y en a à profusion. Je n’ai jamais joué la victime. J’ai encaissé. J’ai avancé ».

Elu en mars 2008, Jean-Yves de Chaisemartin est resté maire de Paimpol jusqu’en 2020, quand il a été battu de quelques voix par la socialiste Fanny Chappé. Educatrice de jeunes enfants, elle avait été élue au conseil régional de Bretagne en 2017. En 2018, elle s'était présentée en session avec son bébé. « Je n’ai pas envie de choisir entre ma vie personnelle et ma vie d’élue », avait-elle expliqué.