La ministre des Armées demande des sanctions contre les militaires signataires de la tribune de « Valeurs Actuelles »

RETRAITE L’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » a publié une tribune lancée par l’ancien officier Jean-Pierre Fabre-Bernadac, appelant Macron à défendre le patriotisme

20 Minutes avec AFP

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Illustration de «Valeurs actuelles»
Illustration de «Valeurs actuelles» — A. Gelebart / 20 MINUTES/SIPA

La ministre des Armées Florence Parly a fustigé dimanche une récente « tribune irresponsable » de militaires retraités évoquant « le délitement » de la France, alors que « les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France », selon la ministre. Elle a également demandé que les militaires signataires soient sanctionnés, tandis que de son côté  Marine Le Pen a salué cette tribune et invité ses auteurs à la rejoindre.

« La tribune irresponsable publiée dans Valeurs Actuelles est uniquement signée par des militaires à la retraite, qui n’ont plus aucune fonction dans nos armées et ne représentent qu’eux-mêmes », commente Florence Parly sur Twitter, en rappelant que « deux principes immuables guident l’action des militaires vis-à-vis du politique : neutralité et loyauté ».

Des sanctions pour avoir enfreint le devoir de réserve

« Pour ce qui concerne les militaires qui ont enfreint le devoir de réserve, bien entendu, des sanctions sont prévues, et j’ai donc demandé pour ceux qui seraient parmi les signataires signalés, des militaires d’active, j’ai demandé au chef d’état-major d’appliquer les règles qui sont prévues dans le statut des militaires, c’est-à-dire des sanctions », a-t-elle déclaré lundi sur France Info.

Pour les militaires retraités signataires, également « astreints à un devoir de réserve », des sanctions sont aussi possibles, a-t-elle relevé. Elle a rappelé le cas du général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère et également signataire de la tribune, qui avait été radié en 2016 des cadres de l’armée pour avoir participé à une manifestation interdite contre les migrants à Calais.

« Méconnaissance grave de l’institution militaire »

Deux jours après la publication de la tribune, Valeurs Actuelles a publié une réponse de Marine Le Pen : « Je vous invite à vous joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s’ouvre (…), qui est avant tout la bataille de la France ». « Comme citoyenne et comme femme politique, je souscris à vos analyses et partage votre affliction », a-t-elle écrit.

« Les mots de Mme Le Pen reflètent une méconnaissance grave de l’institution militaire, inquiétant pour quelqu’un qui veut devenir cheffe des armées », a déclaré la ministre des Armées sur Twitter en réaction aux propos de cette dernière. « La politisation des armées suggérée par Mme Le Pen affaiblirait notre outil militaire et donc la France. Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France et protéger les Français », conclut la ministre des Armées.

Indignation à gauche

Valeurs Actuelles a publié mercredi une tribune lancée par l’ancien officier Jean-Pierre Fabre-Bernadac, appelant Macron à défendre le patriotisme, signée par « une vingtaine de généraux, une centaine de haut gradés et plus d’un millier d’autres militaires », selon l’hebdomadaire.

Ces militaires dénoncent le « délitement » qui frappe la patrie et « qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés », et un pouvoir qui « utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs ». « Nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation », ajoutent-ils.

Une partie de la gauche s’est élevée samedi après la publication de cette tribune, tout en critiquant le manque de réaction du gouvernement. Jean-Luc Mélenchon a fustigé la « stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leur collègue d’active à une intervention contre les islamogauchistes ». « Aucune réaction de Florence Parly, Jean Castex ni Emmanuel Macron », avait dénoncé Benoît Hamon.